La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

Edité en 2015. Allemagne.

Peter Wohlleben

Das geheime Leben der Baüme

L’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben court les forêts de sa région depuis des années.

A travers ses observations, ses analyses, son esprit de déduction et les résultats de nombreuses études scientifiques, il nous présente l’existence d’une véritable vie sociale chez les arbres. Comment ils communiquent entre eux ou avec la faune voisine. Comment ils se protègent. Ce qui les fragilisent. Comment les plus âgés protègent les plus jeunes qui deviennent parfois cruels avec leurs parents et leurs rendent mal leur amour.

Les idées préconçues tombent.

Ces arbres qu’on prend trop hâtivement et simplement pour du bois garni de feuilles possèdent en fait des structures très élaborées qui leur permettent de grandir, se nourrir, échanger entre eux, attirer les insectes. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ».

L’auteur réussit le pari de présenter de façon claire, très imagée et parfaitement illustrée un sujet au départ difficile car très technique. A travers de nombreuses anecdotes fascinantes, Peter Wohlleben nous fait partager sa passion des arbres.

La vie secrète des arbres

Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même.

Peter Wohlleben a passé plus de vingt ans comme forestier en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Son livre a été numéro un des ventes en Allemagne avec plus de 650 000 exemplaires vendus et est devenu un étonnant best-seller aux États-Unis. Il est traduit en 32 langues.

La maison jaune de Martin Gayford

Edité en 2016. Angleterre.

Martin Gayford

Martin Gayford, éminent critique d’art anglais, a imaginé les neuf semaines pendant lesquelles Vincent Van Gogh et Paul Gauguin ont cohabité dans la maison jaune d’Arles.

Ce roman, fruit d’un considérable travail de documentation, est en fait un habile mélange de réalité et de fiction qui témoigne de la parfaite connaissance de la vie de ces deux monstres de la peinture de la part de Martin Gayford. Van Gogh et Gauguin, apparemment amis dans la vie, étaient en fait concurrents dans leur quête plus ou moins consciente du succès et de la consécration. Leur désir d’accéder à l’idéal pictural les poussait à des excès confinant à la déraison. S’il est vrai que Vincent Van Gogh était évidemment le fruit de fantasmes fréquents sûrement du fait d’une maladie neurologique le poussant à la marginalité, Paul Gauguin brillait régulièrement dans les grands cercles artistiques de l’époque. Malgré tout, les deux compères fréquentaient régulièrement les bordels d’Arles où ils se livraient aux plaisirs de la chair tout en y cherchant des sujets d’inspiration ou des modèles.

Evidemment, la fin de ce livre ne nous surprend pas puisqu’elle reproduit la réalité. Vincent Van Gogh mourra tragiquement victime de ses hallucinations en plein élan mystique et Gauguin, quelques années plus tard, finira prématurément sa vie malade aux Iles Marquises où sa tombe voisine maintenant celle de Jacques Brel.

A travers le regard et l’écriture de Martin Gayford, il m’a été agréable de redécouvrir ces deux grands génies de la peinture dans ce huis-clos arlésien tourmenté et parfois irrespirable où rôde en permanence la folie du génie créatif, chacun des deux artistes étant dément à sa façon.

La maison jaune

Martin Gayford est écrivain, critique, chercheur et professeur d’histoire de l’art à l’université de Buckingham.

Une très légère oscillation de Sylvain Tesson

Edité en 2017. France.

Sylvain Tesson

“ Je n’ai jamais pu aller au bout de moi-même, par peur du vide. “

En août 2014, Sylvain Tesson a frôlé la mort suite à un terrible et stupide accident. Une chute libre de 10 mètres alors qu’il escaladait la façade de la maison d’un ami. Et celui qui était déjà un boulimique de la vie est sorti du coma métamorphosé. Encore plus affamé qu’avant. Mais davantage tourné vers une certaine sagesse le poussant à réfléchir plus posément à la vie. A ses absurdités, ses contraintes, ses surprises et ses bonheurs.

Lorsqu’on lit ces chroniques qu’il a écrites pendant quelques années et qu’il a voulu rassembler dans ce livre, on y devine un frémissement, une ligne de pensée qui s’organise lentement en une très légère oscillation.

Et Sylvain Tesson, dans son style si particulier et si accrocheur, nous invite à ses coups de coeur et à ses colères. Il a l’art de torturer l’actualité pour en exprimer toutes les saveurs, succulentes, débiles ou écoeurantes.

Une très légère oscillation

Et l’auteur s’est même amusé à truffer cet ouvrage de jolis aphorismes dont la profondeur illustre on ne peut mieux sa vivacité d’esprit.

A coup sûr, un tournant dans l’écriture de celui qui a su renaître à la vie après avoir côtoyé la mort.

Il était un piano noir… Mémoires interrompus de Barbara

Edité en 1999. France.

Barbara

Barbara se raconte.

Depuis son enfance de petite fille juive qui ne rêvait que de chanter et se destinait à une vie d’artiste au grand dam de ses parents qui finissent par la soutenir jusqu’aux scènes mythiques où elle n’apparaissait qu’en compagnie de son piano noir, Barbara nous fait partager ses joies, ses peines, ses doutes et ses coups de coeur.

A la rencontre de l’une des plus saisissantes figures de la chanson française… De l’enfance vagabonde à la « longue dame brune » en passant par les années de l’Ecluse et Göttingen, Barbara dit ses fous rires, ses passions et ses larmes. Un témoignage beau et sensible, brutalement interrompu au mois de novembre 1997.

Un autoportrait simple et déchirant qui permet de découvrir ou redécouvrir cette merveilleuse artiste qui nous a quittés voici vingt ans.

Il était un piano noir… Mémoires interrompus

La réédition de ce livre est l’un des évènements de cette année rendant hommage à l’artiste de même que la sortie récente du film de Mathieu Amalric Barbara avec l’actrice Jeanne Balibar dont la ressemblance avec la chanteuse est plus que troublante.

L’homme-joie de Christian Bobin

Edité en 2012. France.

Christian Bobin

J’ai découvert cet auteur à travers ce livre. Difficile de le résumer et encore plus de le chroniquer. Il s’agit ici d’une succession de nouvelles qui traitent toutes de l’homme mis en situation dans diverses circonstances. Christian Bobin est un magicien des mots. Il joue avec les formules, nous livre des phrases qu’on aurait jamais cru possibles et dont il a manifestement le secret. Christian Bobin est évidemment un artiste dont les textes sonnent comme une douce musique.

Entre les récits, viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d’humanité. Un même fil rouge unifie tous ces textes, c’est la voix de Bobin, à nulle autre pareille et son regard de poète qui transfigure le quotidien.

On aime ou on n’aime pas tellement le style est particulier et intimement lié à l’auteur. C’est incontestable.

Alors, je me garderais bien de vous éloigner de ces textes qu’il vous faut découvrir et explorer à votre tour.

L’homme-joie

Lorsque les mots prennent une dimension presque sacrée qui nous ouvre des horizons insoupçonnés…

Ca a été pour moi une très belle rencontre.

Christian Bobin, né au Creusot en Saône-et-Loire où il demeure, est un écrivain et poète français. Après avoir étudié la philosophie, il a travaillé pour la bibliothèque municipale d’Autun, à l’Écomusée du Creusot et a été rédacteur à la revue Milieux. Il a également été infirmier psychiatrique. Ses premiers textes, marqués par leur brièveté et se situant entre l’essai et la poésie, datent des années 1980. 

Bon rétablissement de Marie-Sabine Roger

Edité en 2012. France.

Marie-Sabine Roger

Prix des lecteurs de l’Express 2012

Jean-Pierre Fabre se retrouve hospitalisé malgré lui, victime d’une noyade dont il ne réchappe que grâce à un jeune homosexuel qui passait par là.

Et ce veuf sexagénaire pétri de certitude, qui croit avoir tout connu et tout vécu, qui n’attend plus rien ni de sa vie ni de personne, va faire la connaissance de toute une galerie de personnages qui vont le faire vaciller sur sa base.

Ce roman, drôle mais aussi très émouvant, est une succession de courtes scènes qui ont toutes pour décor la chambre de Jean-Pierre dont la porte reste désespérément ouverte, le livrant pratiquement nu au regard de tous ceux qui passent dans le couloir.

Et l’on voit défiler au chevet du malade son sauveur, ses amis, une jeune paumée qui lui emprunte sans cesse et impunément son ordinateur, l’infirmière dévouée, le kinésithérapeute d’une rare brutalité avec lui, le policier qui mène l’enquête sur son accident, le professeur d’urologie suivi de toute sa cour… tous ces personnages qui semblent s’être donné le mot pour lui pourrir la vie.

Le style de l’auteure est subtil, fluide, rythmé. On ne s’ennuie pas un instant à vivre les déboires de ce malade peu ordinaire que son hospitalisation ne laissera pas indemne.

Bon rétablissement

Ce livre a été adapté au cinéma par Jean Becker en 2014 avec Gérard Lanvin dans le rôle de cet homme ronchon mais au coeur si grand.

La tête en friche de Marie-Roger Sabine avait aussi été adapté au cinéma par jean Becker en 2010.

Accabadora de Michela Murgia

Edité en 2009. Italie.

Michela Murgia

Prix Campiello 2010.

La petite Maria, quatrième fille de Anna Teresa Listru, est adoptée à l’âge de 6 ans par Bonaria Urrai dont elle devient la fill’e anima dans la tradition sarde qui veut qu’un femme comblée par ses maternités offrent l’un de ses enfants à une autre qui n’aura pas eu cette chance. C’est maintenant Tzia Bonaria qui aura la charge d’élever la petite fille qui n’est pas pour autant coupée de sa famille d’origine.

Maria mène une existence paisible jusqu’à cette nuit où elle surprend la vieille Bonaria qui accepte à sa demande de mettre un terme à la vie de Nicola Bastiu, handicapé et amputé d’une jambe suite à une rixe entre voisins, en l’étouffant en lui collant un oreiller sur le visage. Torturé par ce secret, la petite Maria n’osera jamais en parler à Andria, le frère de Nicola dont elle est amoureuse. Après lui avoir d’abord confié la cause du décès de son frère, elle se rétractera finalement en avouant à Andria qu’elle lui disait n’importe quoi. Mais elle en voudra éternellement à Bonaria d’avoir commis ce crime alors qu’elle comprend que la vieille femme a également aidé d’autres habitants du village à quitter la vie. Elle découvre alors le passé trouble de l’accabadora qui lui rétorque qu’il ne faut jamais dire : “fontaine, je ne boirai pas de ton eau“ et que nul ne sait ce que l’avenir lui réserve. En colère contre sa mère adoptive, Maria la quitte alors pour aller travailler comme gouvernante dans une famille bourgeoise de Turin.

Lorsqu’elle revient quelques années plus tard dans le village de Soreni,  c’est pour y retrouver Bonaria qui vient de faire une attaque et qui ne peut plus parler distinctement. La vieille se consume alors lentement en devenant un cadavre encore en vie, un quasi squelette qui n’attend que le pardon de ses fautes ou que Maria la délivre pour mourir. Les paroles de la vieille femme résonnent alors curieusement à l’esprit de Maria qui ne se résout pas à abréger les souffrances de celle qui a été sa deuxième mère. C’est finalement Andria qui viendra au chevet de la vieille femme pour l’aider à quitter ce monde en lui pardonnant le suicide assisté de son frère.

Accabadora

La vie reprendra alors son cours, donnant à Maria et Andria l’occasion de vivre leur amour. “Ils repartirent comme ils étaient venus, ensemble, se moquant de donner aux langues de Soreni l’énième occasion de parler pour ne rien dire.“

Guerre et térébenthine de Stefan Hertmans

Edité en 2015. Pays-Bas.

Stefan Hertmans

Oorlog en Terpentijn

“Le monde dans lequel il avait grandi, avant 1900, était empli d’odeurs qui ont pour la plupart disparu : une tannerie dégageait sa puanteur persistante dans la brume légère de septembre, les tenders chargés de charbon brut allaient et venaient durant les sombres mois d’hiver, les effluves du crottin de cheval dans les rues pouvaient donner à un enfant encore ensommeillé, devant sa fenêtre entrebâillée aux premières heures du jour, l’illusion de séjourner à la campagne…“ Urbain Martien grandit à Gand, dans une famille aux ressources plus que modestes, tendrement aimé par son père Franciscus qui gagnait maigrement sa vie en restaurant les peintures des églises, et sa mère Céline d’ascendance bourgeoise, ayant consenti par amour à ce déclassement social.

Du récit des souvenirs de son enfance, de sa jeunesse, Urbain a rempli un des deux cahiers qu’il a laissés derrière lui avant de mourir. Ce premier cahier est l’un des matériaux qu’a utilisé son petit-fils pour retracer cette existence d’avant 1914 – avant la grande rupture, qui vit le monde d’Urbain, presque encore médiéval, basculer dans la modernité. L’autre source d’inspiration, ce sont les souvenirs que garde l’auteur de cet aïeul discret, à la dignité presque obso­lète, irrémédiablement songeur : “A 70 ans, par un dimanche matin ensoleillé de Pâques, il avait déclaré subitement, les larmes aux yeux, que l’inten­sité du bleu des iris barbus qui fleu­rissaient dans le jardin à l’arrière de la maison, associé au jaune vif de leur coeur, lui donnait des palpitations, et que c’était triste qu’un être humain doive mourir sans avoir compris comment tout cela pouvait voir le jour.“ 

Urbain avait quitté l’école très tôt, perdu précocement son père, travaillé dès 13 ans dans une fonderie dont il gardera des cicatrices définitives, puis chez un artisan, avant de partir à 23 ans pour la guerre. Stefan Hertmans reproduit aussi le récit que son grand-père a fait, dans son second cahier, des mois passés au front, dans les tranchées, expérience qu’Urbain appelait “mon épouvante“. A l’exemple de son père, il avait aussi étudié la peinture dont il fit, après avoir pris sa retraite, à l’âge de 45 ans, sa principale activité, “copiste virtuose, qui connaissait tous les secrets des substances et des préparations anciennes que, depuis la Renaissance, les peintres utilisaient et se transmettaient“. De fait, plus encore que ses cahiers, ce sont quelques détails dans les toiles qu’Urbain a laissées – éventuellement dissimulées aux regards des siens – qui se révéleront constituer, dans l’enquête que mène son petit-fils, les indices cruciaux. Les traces à travers lesquelles ­ sinon élucider l’insondable énigme de son existence, du moins s’approcher au plus près de lui, sonder sa probe et mutique détresse. Comprendre “les drames silencieux“ auxquels il a sur­vécu – puisque vivre, c’est toujours sur­vivre.

Quand Stefan Hertmans entreprend la lecture des centaines de pages de notes laissées par son grand-père maternel, il comprend que cette vie-là vaut la peine d’être racontée. Une enfance très pauvre à Gand, le rêve de devenir peintre, puis l’horreur de la Grande Guerre dans les tranchées de Flandre sont les étapes d’une existence emblématique de tout un siècle. Mais l’histoire de cet homme nommé Urbain Martien ne se réduit pas à ce traumatisme et, grâce à son talent de conteur, Stefan Hertmans nous fait ressentir à quel point la peinture mais également un amour trop tôt perdu auront marqué l’existence de son grand-père. Ce récit restitue avec une grande sensibilité un parcours marqué par la césure indélébile que représente la Première Guerre mondiale dans notre histoire collective et individuelle. Stefan Hertmans nous donne à lire une poignante saga familiale et un panorama puissant du siècle dernier. Ce roman est présenté en deux grandes époques. L’avant-guerre que rien ne saurait troubler avec son lot de petits bonheurs et de joies qu’on goûte au jour le jour et l’après-bonheur, lorsque la barbarie humaine se propage telle une épidémie sur toute l’Europe en s’acharnant tout particulièrement sur l’Est de la France et sur la Belgique. Quand être Flamand dans l’armée belge vous condamnait presque à mort par le sectarisme et l’imbécilité de tous les autres…

Guerre et térébenthine

Stefan Hertmans entre ici dans la grande famille de tous ces auteurs qui ont su si bien nous faire revivre le drame humain de ce conflit que l’entrée dans la modernité a rendu encore plus meurtrier.

La fièvre de l’aube de Péter Gárdos

Edité en 2015. Hongrie.

Péter Gárdos
Péter Gárdos

Hajnali Láz

Miklós, vingt-cinq ans, est gravement malade de la tuberculose. Quand il apprend qu’il est condamné à mourir, il prend une résolution folle : il va se marier… et guérir.
Hongrois, rescapé des camps d’extermination nazis, Miklós est, depuis la fin de la guerre, accueilli en Suède pour y soigner sa maladie. Dans l’espoir de trouver l’épouse qui lui conviendra, il écrit à cent dix-sept jeunes Hongroises réfugiées en Suède, une même lettre adressée à chacune d’elles.
Parmi les réponses qu’il reçoit, une seule lui fait battre le coeur : celle de Lili Reich. Elle a dix-huit ans et, comme lui, est rescapée des camps.
De septembre 1945 à février 1946, Miklós et Lili s’écrivent presque quotidiennement. Et de lettre en lettre, tombent amoureux l’un de l’autre. Gárdos nous raconte ici l’histoire d’amour de ses parents née de ce long échange épistolaire. Cette fièvre de l’aube, c’est celle que Miklós surveille chaque jour pour savoir s’il viendra à bout de sa tuberculose mais c’est aussi ce désir fou qui habite les deux personnages principaux de cette histoire, cette volonté de conjurer le sort en croyant à un avenir meilleur.
Dès lors, avec le courage et la force de ceux qui veulent croire au bonheur pour oublier l’horreur, Lili et Miklós vont soulever des montagnes pour se rencontrer, venant à bout des obstacles qui se dressent devant eux.
Après la mort de son mari, Lili a confié à leur fils, Péter, la liasse des lettres qu’elle avait échangées avec Miklós, avec l’accord bienveillant et posthume de son mari comme l’écrit Péter Gárdos avant le point final de son roman.

La fièvre de l'aube
La fièvre de l’aube

Ce premier roman, c’est l’histoire véridique des parents de l’auteur, d’un amour improbable, d’un défi impossible. Traduit dans trente pays, il a déjà conquis les éditeurs du monde entier. Péter Gárdos, déjà connu pour ses talents de cinéaste plusieurs fois primé, a lui-même adapté son livre pour le cinéma. Il aura mis dix ans à écrire ce roman.

La ronde des désirs impossibles de Paola Calvetti

Edité en 2015. Italie.
Paola Calvetti
Paola Calvetti

La lista dei sogni possibili

Olivia est une trentenaire comme les autres : assez vieille pour avoir été déçue mille fois, mais assez jeune pour se laisser encore surprendre. Un beau matin, quelques jours avant Noël, elle perd son emploi. Elle se retrouve avec un carton contenant les vestiges de sa vie professionnelle et une liberté retrouvée dont elle ne sait que faire. Elle a tout à attendre de la vie : un boulot, un homme, l’espoir d’être heureuse un jour. Il y a bien longtemps, elle a croisé sans le savoir, celui qu’elle espère depuis toujours.

Diego a du mal à s’engager avec les femmes depuis le drame qu’il a vécu, la perte brutale de son frère qui a préféré quitter la vie en se jetant dans le vide. Il rêve de rencontrer une fille qui l’aiderait à tirer un trait sur le passé.

L’intrigue de ce roman se passe sur quelques heures. Olivia échoue dans un café pour y ressasser ses souvenirs : une grand-mère maternelle l’ayant ouverte à la vie, des parents peu présents, des collègues de travail sans complaisance et une chef qu’elle a rebaptisée la sorcière… Diego est replongée dans la messe anniversaire de la mort d’Andrea, 18 ans après la disparition de ce jeune prodige musicien pour qui l’avenir se révélait sans ombre. Pourquoi ce chaos soudain ?

Et si le hasard offrait à ces deux êtres à la dérive une chance inespérée ?

Paola Calvetti manie ici habilement sa plume pour mettre en scène et surtout diriger le destin de ces deux personnages en quête de bonheur. Tout n’est bien sûr pas si simple malgré la volonté de l’auteure de donner un avenir meilleur à Olivia et Diego.

D’ailleurs les rêves possibles du titre italien ne sont-ils pas devenus des désirs impossibles dans le titre français ?

La ronde des désirs impossibles
La ronde des désirs impossibles

Paola Calvetti est née à Milan où elle vit et travaille aujourd’hui. Longtemps journaliste à La Repubblica, elle a écrit de nombreux scénarios pour la télévision italienne. De 1993 à 1997, elle a été directrice de la communication du théâtre de la Scala de Milan. Elle est l’auteure de plusieurs romans dont L’Amour est à la lettre A.