La maison jaune de Martin Gayford

Edité en 2016. Angleterre.

Martin Gayford

Martin Gayford, éminent critique d’art anglais, a imaginé les neuf semaines pendant lesquelles Vincent Van Gogh et Paul Gauguin ont cohabité dans la maison jaune d’Arles.

Ce roman, fruit d’un considérable travail de documentation, est en fait un habile mélange de réalité et de fiction qui témoigne de la parfaite connaissance de la vie de ces deux monstres de la peinture de la part de Martin Gayford. Van Gogh et Gauguin, apparemment amis dans la vie, étaient en fait concurrents dans leur quête plus ou moins consciente du succès et de la consécration. Leur désir d’accéder à l’idéal pictural les poussait à des excès confinant à la déraison. S’il est vrai que Vincent Van Gogh était évidemment le fruit de fantasmes fréquents sûrement du fait d’une maladie neurologique le poussant à la marginalité, Paul Gauguin brillait régulièrement dans les grands cercles artistiques de l’époque. Malgré tout, les deux compères fréquentaient régulièrement les bordels d’Arles où ils se livraient aux plaisirs de la chair tout en y cherchant des sujets d’inspiration ou des modèles.

Evidemment, la fin de ce livre ne nous surprend pas puisqu’elle reproduit la réalité. Vincent Van Gogh mourra tragiquement victime de ses hallucinations en plein élan mystique et Gauguin, quelques années plus tard, finira prématurément sa vie malade aux Iles Marquises où sa tombe voisine maintenant celle de Jacques Brel.

A travers le regard et l’écriture de Martin Gayford, il m’a été agréable de redécouvrir ces deux grands génies de la peinture dans ce huis-clos arlésien tourmenté et parfois irrespirable où rôde en permanence la folie du génie créatif, chacun des deux artistes étant dément à sa façon.

La maison jaune

Martin Gayford est écrivain, critique, chercheur et professeur d’histoire de l’art à l’université de Buckingham.

Just Kids de Patti Smith

Edité en 2010. USA.

Patti Smith

Patti Smith nous raconte ici sa vie au côté de Robert Mapplethorpe.

De leur rencontre à leur arrivée à New York, elle  nous fait partager tous ses instants de bohème et son cheminement dans sa longue quête artistique. D’abord écrivaine et poète, puis peintre, elle finira par devenir chanteuse à l’époque d’Andy Warhol et de sa vague Pop Art. On y croise aussi Lou Reed, chantre incontesté du Velvet Underground.

Toute une époque que Patti Smith nous présente ici. La vie semblait si simple, avec son lot de galères certes mais aussi de petits bonheurs, et le succès à la portée de tous. Mais Robert Mapplethorpe, génial photographe dont les oeuvres illustrent le livre, comme bien d’autres s’y est brûlé les ailes et succombera victime de ses expériences sexuelles et du SIDA. Et il plane aussi sur ces pages l’ombre bienveillante de Bob Dylan et les fantômes de Janis Joplin et de Jimmy Hendrix.

Robert laissera alors à Patti Smith le soin de raconter leur histoire, celle de deux oiseaux perdus dans une tourmente de folie et de débauche, propice aux excès et à la création.

Il faut lire ces pages bien sûr comme un reportage autobiographique qui nous invite dans la chambre 206 du Chelsea Hotel en se laissant aller au style si particulier de Patti Smith, dans une prose empreinte d’une douce poésie à l’instar de sa voix, mais aussi comme un hymne à cette période féconde qui a marqué l’Amérique à tout jamais.

Just kids

C’est pour ça qu’il faut lire Just kids, mais qu’il faut parcourir ces mots en se laissant bercer par les mélodies de Patti Smith. Parce que le timbre de sa voix est indissociable de la légèreté de sa plume.

Ecoutez Birdland de l’album Horses en lisant les poèmes de Patti…

Le phare des Triagoz ou le pinceau de Gilbert – Dole – 11 janvier 2016

Dole (Jura) – 11 janvier 2016

Gilbert Rousseau, l’un de mes amis lecteur de “Morrison’s Jig“, peintre amateur à ses heures, m’avait demandé s’il pouvait utiliser la couverture de mon livre pour travailler sur le thème de la lumière et s’exercer à une représentation du phare des Triagoz. J’avais bien sûr accepté.

Quelques mois ont passé. La tour et sa lanterne ont retrouvé une nouvelle vie sur un morceau de contreplaqué marine. Quoi de plus naturel pour un phare de mer ?

Le phare des Triagoz revisité par Gilbert Rousseau
Le phare des Triagoz
revisité par Gilbert Rousseau

C’est aussi ça le destin d’un livre ou d’une histoire, inspirer de nouvelles créations qui vont lui faire une suite…

La lanterne des Triagoz brille encore grâce au pinceau de Gilbert…

Gilbert Rousseau devant mon (son) phare des Triagoz
Gilbert Rousseau devant mon (devenu son) phare des Triagoz