Face au vent de Jim Lynch

Edité en 2018. Etats-Unis.

Jim Lynch

Before the wind

Dans la famille Johannssen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, admiratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire. Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérité de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia.

Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.

Face au vent

Une belle histoire de famille, drôle, émouvante, déchirante, qui ravira encore plus les amateurs de voile et de mer. Seul bémol, certains passages du livre sont écrits dans un langage très technique qui pourra rebuter les profanes de la voile. C’était sans doute un mal nécessaire pour apporter une véritable authenticité à l’histoire. A lire alors au premier degré sans forcément chercher à comprendre le déroulement de l’intrigue dans le détail.

Jim Lynch est né en 1961. Diplômé de l’Université de Washington, il a sillonné le pays en tant que reporter pour des journaux en Alaska, en Virginie et à Washington D.C. Il est l’auteur de quatre romans et collabore avec plusieurs journaux dont le Seattle Times. Il vit et navigue à Olympia et dans l’État de Washington.

Magellan de Stefan Zweig

Edité en 1938. Autriche.

Stefan Zweig
Stefan Zweig

C’est sur un paquebot trop confortable, en route pour l’Amérique du Sud, que Stefan Zweig eut l’idée de cette odyssée biographique. Il songea aux conditions épouvantables des voyages d’autrefois, au parfum de mort salée qui flottait sur les bougres et les héros, à leur solitude. Il songea à Magellan, qui entreprit, le 20 septembre 1519, à 39 ans, le premier voyage autour du monde. Un destin exceptionnel… Sept ans de campagne militaire en Inde n’avaient rapporté à Magellan le Portugais qu’indifférence dans sa patrie. Il convainc alors le roi d’Espagne, Charles-Quint, d’un projet fou : “ Il existe un passage conduisant de l’océan Atlantique à l’océan Indien. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre en allant de l’est à l’ouest “ (C’était compter sans l’océan Pacifique, inconnu à l’époque…).

En réponse à l’expédition de Christophe Colomb partie vers l’ouest pour découvrir la route des Indes, Magellan met le cap vers le sud en espérant trouver un passage vers l’autre océan. Il devra faire preuve d’une froide détermination pour résister à un équipage fatigué d’explorer des passes et des estuaires ne menant à rien.

Jalousies espagnoles, erreurs cartographiques, rivalités, mutineries, désertions de ses seconds pendant la traversée, froids polaires, faim et maladies, rien ne viendra à bout de la détermination de Magellan, qui trouvera à l’extrême sud du continent américain le détroit qui porte aujourd’hui son nom. Partie de Séville avec cinq cotres et 265 hommes, l’expédition reviendra trois ans plus tard, réduite à 18 hommes sur un bateau tenant à peine la mer et les cales pleines des précieuses épices. Epuisée, glorieuse. Sans Magellan qui trouva une mort absurde lors d’une rixe sur une plage avec des sauvages aux Philippines, son exploit accompli. Dans ce formidable roman d’aventures, Zweig exalte la volonté héroïque de Magellan, qui prouve qu’ “ une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables “.

Magellan

Le récit d’une vie extraordinaire que Stefan Zweig nous présente à la façon d’une épopée romanesque pour rendre hommage à celui qui permit d’appréhender les rondeurs de notre planète.

Longitude de Dava Sobel

Edité en 1994. USA.

Dava Sobel
Dava Sobel

Le vrai titre de ce roman non fictionnel dû à la plume de Dava Sobel est en fait Longitude – L’histoire vraie d’un génie solitaire qui résolut la plus grande énigme scientifique de son temps.

L’auteure, de formation scientifique, s’est découvert la passion de l’astronomie après avoir assisté à une conférence de Carl Sagan, éminent spécialiste américain. Elle nous raconte ici l’histoire vraie de John Harrison, horloger ébéniste anglais autodidacte du XVIIIème siècle qui a réussi, au terme de sa vie et après de nombreuses années d’expérience, à fabriquer le premier chronomètre marin qui permit aux navigateurs de se localiser précisément et d’éviter le naufrage. Ce modeste artisan s’est heurté toute sa vie à la communauté scientifique anglaise qui le désavouait du fait de ses origines et lui tendit de nombreux pièges pour le faire échouer dans ses travaux mais il avait su s’attirer les bonnes grâces et l’aide précieuse du roi Georges III. C’est donc lui qui mit au point les premiers prototypes d’horloges de marine dont le quatrième exemplaire, le H4, fut le bon et se révéla le plus fiable lors d’une traversée transatlantique, gagnant ainsi le prix des Longitudes organisé par la Royal Society pour récompenser le chercheur le plus talentueux dans ce domaine. Il rivalisa d’ingéniosité pour réduire la taille de ses montres et corriger les erreurs dues à l’action des éléments naturels sur les différents matériaux utilisés. Ses différentes horloges sont encore visibles au National Maritime Museum de Greenwich, tout près de l’endroit où passe le célèbre méridien symbolisant la longitude zéro.

Boussole

Ce roman, parfaitement documenté, nous relate l’histoire de cet horloger ainsi que des différentes autres tentatives pour tenter de résoudre ce problème de la longitude et des différents moyens mis en oeuvre pour la préciser.

L’intrigue y est présentée un peu comme une “ course contre la montre “ gagné par cet horloger opiniâtre et déterminé.

Merci à Denis Horeau de m’avoir fait découvrir ce livre et cet inventeur qui aura apporté sa contribution à l’histoire de la navigation au même titre qu’un peu plus tard Augustin Fresnel avec sa lentille.