Face au vent de Jim Lynch

Edité en 2018. Etats-Unis.

Jim Lynch

Before the wind

Dans la famille Johannssen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, admiratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire. Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérité de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia.

Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.

Face au vent

Une belle histoire de famille, drôle, émouvante, déchirante, qui ravira encore plus les amateurs de voile et de mer. Seul bémol, certains passages du livre sont écrits dans un langage très technique qui pourra rebuter les profanes de la voile. C’était sans doute un mal nécessaire pour apporter une véritable authenticité à l’histoire. A lire alors au premier degré sans forcément chercher à comprendre le déroulement de l’intrigue dans le détail.

Jim Lynch est né en 1961. Diplômé de l’Université de Washington, il a sillonné le pays en tant que reporter pour des journaux en Alaska, en Virginie et à Washington D.C. Il est l’auteur de quatre romans et collabore avec plusieurs journaux dont le Seattle Times. Il vit et navigue à Olympia et dans l’État de Washington.

Le grand marin de Catherine Poulain

Edité en 2016. France.

Catherine Poulain

Quand Lili Colt arrive à Kodiak, un port de l’Alaska, elle sait qu’elle va enfin réaliser son rêve : s’embarquer sur un de ces bateaux qui partent pêcher au loin. Pour la jeune femme, une runaway qui a fui jadis le confort d’une famille française pour « faire la route », la véritable aventure commence. Le choc est brutal. Il lui faut dormir à même le pont dans le froid insupportable, l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, les blessures…

Seule femme au milieu de ces hommes rudes, au verbe rare et au geste précis qui finiront par l’adopter. A terre, Lili partage la vie des marins, les bars, les clubs de strip-tease, les motels miteux. Quand elle tombe amoureuse du « Grand marin », elle sait qu’il lui faudra choisir entre sa propre liberté et son attirance pour cet homme dont la fragilité la bouleverse.

Le grand marin

Entre Jack London et Marguerite Duras, Catherine Poulain fait entendre une voix unique dans le paysage littéraire français, avec ce magnifique premier roman qu’on devine très autobiographique.

Prix du roman OuestFrance-Étonnants Voyageurs – Prix de la ville d’Asnières – Prix Gens de Mer – Prix Joseph Kessel – Prix Compagnie des pêches – Prix Livre & Mer-Henri Queffélec – Prix Nicolas Bouvier – Prix Pierre Mac Orlan.

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

Soudain, seuls d’Isabelle Autissier

Edité en 2015. France.

Isabelle Autissier

Louise et Ludovic se sont rencontrés il y a quelques années. Elle est alpiniste. Il est navigateur. Ils s’aiment passionnément. Ils ont décidé d’allier leurs compétences pour réaliser ce projet un peu fou de faire le tour du monde à la voile.

Par goût du risque ou peut-être sans raison évidente, simplement par curiosité, ils abordent sur une ile déserte entre la Patagonie et le cap Horn.

Et là, tout va basculer. Ils vont se retrouver prisonniers de l’enfer blanc. La solitude, le froid extrême, la banquise. Ils vont devoir apprendre à survivre en attendant le passage d’un bateau au printemps suivant.

Isabelle Autissier, ancienne navigatrice solitaire, connait bien les sentiments qui peuvent animer des êtres humains devant lutter contre le froid, la faim, la fatigue. Elle décrit parfaitement cette longue et vertigineuse descente que le couple va vivre.

Jusqu’au Louise et Ludovic sauront-ils repousser leurs limites ?

Ce roman se lit comme un thriller dans lequel l’ennemi invisible rôde en permanence.

Soudain, seuls

La chute de l’intrigue est inattendue. L’histoire bouleversante de deux Robinsons modernes.

Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle signe ici un ouvrage dans lequel elle met de nouveau en scène des thèmes qui lui sont chers : la mer, l’Antarctique, l’environnement, les espèces animales et végétales menacées. A sa façon, dans un style toujours très mesuré et précis témoignant de ses qualités techniques, elle continue de mener son combat pour sensibiliser l’opinion publique aux risques de destruction de notre monde.

Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway

Edité en 1952. USA.

Ernest Hemingway
Ernest Hemingway

The old man and the sea

Santiago est un vieux pêcheur cubain qui partage volontiers ses journées avec un gamin déjà passionné de pêche. Il emmène souvent avec lui le jeune garçon qui l’aide à occuper la solitude des  longues sorties en mer.

Un jour, le vieux Santiago part seul. Au terme de longues journées et nuits de traque, il parvient enfin à attraper le poisson-roi, un espadon énorme qu’il harponne et accroche aux flancs de son petit voilier pour le ramener au port.

Las et satisfait de son exploit, le vieil homme entame alors un long dialogue avec le poisson auprès duquel il s’excuse de l’avoir sorti des eaux et mis à mort. Il lui avoue son respect et sa gratitude. Mais Santiago n’aura bientôt plus le loisir de converser avec l’espadon. Le sang du poisson en a attiré d’autres, une meute de requins qui n’ont de cesse de s’attaquer à la dépouille de l’espadon pour le mettre en miettes et s’en repaître. Santiago se bat, autant pour défendre son bien qui devrait le rendre riche que pour rendre un ultime hommage à l’animal qui s’est bien défendu avant de succomber sous les coups de son harpon.

Les requins, nombreux et tenaces, sont finalement les plus forts. Le vieil homme défend son bien et les élimine les uns après les autres. Au terme d’une lutte âpre et épuisante, il ne parvient à sauver que la tête et la queue de son trophée qu’il rapporte au port. Fourbu, éreinté, le vieil homme trouve à peine la force de rentrer pour s’écrouler sur sa couche et s’y endormir.

C’est là que le gamin, inquiet de sa disparition depuis plusieurs jours, le retrouvera.

Dans ce roman, un grand classique de la littérature de mer, Ernest Hemingway nous dépeint avec précision le travail du vieux pêcheur et sa traque de l’espadon. Dans ce huis-clos à ciel ouvert, il faut y voir bien plus qu’un simple récit de pêche. Cette histoire est une anthologie du courage de l’homme et de sa patience qui n’est pas toujours couronnée du succès attendu mais qui rend un hommage poignant à ceux qui ont la force d’entreprendre et de se battre, l’effort étant toujours plus louable que le résultat.

Le vieil homme et la mer

Ernest Hemingway, récompensé par le prix Nobel de littérature en 1954, a préféré mettre fin à ses jours en 1961. Gravement malade, ce grand bourlingueur, reporter et correspondant de guerre, infatigable militant pour la justice et la paix, a alors choisi d’abandonner le combat contre un ennemi plus fort que lui. Ce livre a été adapté au cinéma par John Sturges en 1958 avec Spencer Tracy dans le rôle du vieil homme.

Magellan de Stefan Zweig

Edité en 1938. Autriche.

Stefan Zweig
Stefan Zweig

C’est sur un paquebot trop confortable, en route pour l’Amérique du Sud, que Stefan Zweig eut l’idée de cette odyssée biographique. Il songea aux conditions épouvantables des voyages d’autrefois, au parfum de mort salée qui flottait sur les bougres et les héros, à leur solitude. Il songea à Magellan, qui entreprit, le 20 septembre 1519, à 39 ans, le premier voyage autour du monde. Un destin exceptionnel… Sept ans de campagne militaire en Inde n’avaient rapporté à Magellan le Portugais qu’indifférence dans sa patrie. Il convainc alors le roi d’Espagne, Charles-Quint, d’un projet fou : “ Il existe un passage conduisant de l’océan Atlantique à l’océan Indien. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre en allant de l’est à l’ouest “ (C’était compter sans l’océan Pacifique, inconnu à l’époque…).

En réponse à l’expédition de Christophe Colomb partie vers l’ouest pour découvrir la route des Indes, Magellan met le cap vers le sud en espérant trouver un passage vers l’autre océan. Il devra faire preuve d’une froide détermination pour résister à un équipage fatigué d’explorer des passes et des estuaires ne menant à rien.

Jalousies espagnoles, erreurs cartographiques, rivalités, mutineries, désertions de ses seconds pendant la traversée, froids polaires, faim et maladies, rien ne viendra à bout de la détermination de Magellan, qui trouvera à l’extrême sud du continent américain le détroit qui porte aujourd’hui son nom. Partie de Séville avec cinq cotres et 265 hommes, l’expédition reviendra trois ans plus tard, réduite à 18 hommes sur un bateau tenant à peine la mer et les cales pleines des précieuses épices. Epuisée, glorieuse. Sans Magellan qui trouva une mort absurde lors d’une rixe sur une plage avec des sauvages aux Philippines, son exploit accompli. Dans ce formidable roman d’aventures, Zweig exalte la volonté héroïque de Magellan, qui prouve qu’ “ une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables “.

Magellan

Le récit d’une vie extraordinaire que Stefan Zweig nous présente à la façon d’une épopée romanesque pour rendre hommage à celui qui permit d’appréhender les rondeurs de notre planète.

Plus haut que la mer de Francesca Melandri

Edité en 2011. Italie.

Francesca Melandri

Più alto del mare

Prix Stresa 2012.

L’île. C’est là que se trouve la prison de haute sécurité où Luisa et Paolo se rendent par bateau pour visiter leurs prisonniers respectifs. Le mari de Luisa, un individu violent et brutal, a été condamné pour avoir tué un homme. Le fils de Paolo a été condamné pour le même délit mais lui, il a éxécuté une personnalité politique pour assouvir sa faim de liberté et de révolution. Rien ne devait rapprocher ces deux individus aux destinées très différentes. Luisa, agricultrice d’origine modeste, mère de cinq enfants, soumise dès son plus jeune âge à ce mari sans sentiment qui ne lui apporte que le minimum d’amour. Paolo, lui, est un intellectuel, professeur de philosophie à la retraite, veuf depuis que sa femme est morte de maladie et du chagrin que lui a procuré le sombre destin de son fils, ce fils qui n’a pourtant fait qu’appliquer les théories libertaires et égalitaires assénées par son père. Alors qu’ils doivent rejoindre le continent par le bateau, Luisa et Paolo se trouvent empêchés de rentrer par une tempête. Ils sont alors forcés de passer une longue nuit sur cette île et sont accueillis par Pierfrancesco Nitti, gardien de prison, troisième protagoniste de ce huis-clos, homme fruste et sans vergogne qui suscite aussi un sentiment de peur chez sa femme qui s’en ouvre à Luisa.

Pendant cette parenthèse dans leurs vies, Luisa et Paolo se découvriront et se donneront ce qu’ils n’avaient plus depuis longtemps, au delà de leurs différences sociales et culturelles. Nitti finira aussi par comprendre quel homme il est aux yeux de son épouse.

Au petit matin, le bateau viendra chercher Luisa et Paolo qui ne se reverront sans doute jamais. Luisa récupérera et gardera toujours sur elle la photographie de la fille de la victime du fils de Paolo, seul trait d’union entre eux qui survivra à cette histoire d’amour d’une nuit.

Plus haut que la mer

Plus haut que la mer, c’est bien sûr le site sur lequel est perché la prison mais c’est aussi la grandeur des sentiments que nous offre Francesca Melandri dans cette très belle histoire.

Un second roman qui a valu à son auteure le Prix Stresa 2012.

Fils du soleil de Jack London

Edité en 1912. USA.

Jack London
Jack London

Souvenir du Salon du Livre de Mer de Concarneau – Avril 2014

De retour de sa croisière à travers le Pacifique Sud, Jack London, qui vient de publier Martin Eden (1909) et Radieuse Aurore (1910), compose, sous la forme de huit nouvelles, ce véritable « roman » des mers du Sud – soit le récit haut en couleur des aventures de David Grief, dandy de la bourlingue et capitaine du Wonder (La Merveille), qui mène un commerce houleux avec ses contemporains plus ou moins civilisés : un gaillard policé mais rude – il sait très bien rendre la monnaie d’une pièce – qui va se trouver aux prises avec tous les malfrats, escrocs, toqués, alcooliques et trafiquants du Tropique… Où London adresse un filial hommage à Stevenson (celui de L’Ile au Trésor et du Trafiquant d’épaves), mais aussi au Daniel Defoe de Robinson Crusoé. Et où Michel Tournier, préfacier, retrouve les traces de son Vendredi…

Fils du soleil

Morrison’s Jig

Morrison’s Jig

Roman – 2012 – 238 pages – Couverture cartonnée – Format 13 X 20 cm – ISBN 97829541857005 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Morrison’s Jig

Sortie en juin 2012 de mon troisième livre et premier roman “Morrison’s Jig“.

Un polar obscur (ou plutôt mal éclairé) dont l’intrigue traverse deux siècles et trois pays.

Eté 1976.

La canicule sévit sur la France.

Au large des Sept-Îles, près du phare des Triagoz, quatre jeune Irlandais profitent des plaisirs de la voile. Cette croisière leur réservera bien des surprises…

Quel lien unit Fresnel et Hamilton, physiciens français et irlandais du XIXème siècle ?

Que se trame-t-il derrière les hauts murs séculaires du Trinity College de Dublin ?

Montez à bord et laissez vous entraîner dans cette balade irlandaise au Nord de la Bretagne, sur les notes de Morrison’s Jig… et surtout, suivez la mouette !

“Au fil des pages“ – La chronique littéraire de Pierre Maire – Radio RCF Jura – 6 mars 2013

 “Un polar qui sort des sentiers battus. Un sujet original dans un style limpide. Lisez “Morrison’s Jig“, un roman d’un auteur dolois d’adoption. L’action se déroule au large des Sept-Îles. Elle met en scène quatre jeunes étudiants irlandais. Ceux-ci entreprennent un périple de Paimpol jusqu’au Nord de la Bretagne et cette croisière va leur réserver bien des surprises. Imaginez un vieux professeur de Physique d’une université irlandaise qui dénigre systématiquement dans ses cours un célèbre physicien, et pas n’importe lequel, le scientifique français du XIXème siècle Augustin Fresnel. Celui-ci est l’auteur de la théorie ondulatoire de la lumière et ses recherches l’ont amené à inventer, dans le domaine de l’Optique Appliquée, la lentille à échelons dite lentille de Fresnel. Cette lentille accroît le pouvoir de l’éclairage des phares maritimes et automobiles. Et bien, dans le roman qui a pour titre “Morrison’s Jig“, l’animosité de ce professeur irlandais est due au fait que Fresnel a usurpé selon lui sa renommée au détriment du savant irlandais Hamilton. Il n’a donc de cesse de rétablir la vérité, sa vérité, auprès de ses élèves et vouloir bien sûr venger Hamilton. Alors cette attitude va avoir des conséquences insoupçonnées. Ce roman a été publié en 2012. L’auteur en est Michel Brignot, un médecin franc-comtois d’adoption puisqu’il exerce à Dole depuis 1988. C’est son troisième ouvrage. Les deux premiers ont pour titre  “Hors du bocal“ et “Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans“. Pour en revenir à ce troisième roman “Morrison’s Jig“, la vindicte de ce professeur irlandais contre le savant français Fresnel avait au départ profondément irrité la direction de l’Université puis, à la longue, elle s’en était accommodée eu égard au passé prestigieux et au grand âge du professeur. Et puis, cette attitude amenait un peu d’originalité et de fantaisie dans l’établissement. Mais, ce que personne ne pouvait soupçonner, c’est l’influence que pouvait avoir cette attitude vengeresse du professeur sur certains de ses élèves. Alors nous sommes, dans le roman donc, dans l’été 1976, été de la canicule. L’action principale se passe en mer le long de la côte bretonne. Quatre jeunes irlandais, trois garçons et une fille, celle-ci fiancée à l’un d’eux, sont partis de Paimpol sur un voilier qui a été loué. Ils sont tous les quatre étudiants à l’Université d’Irlande, au Trinity College, dans la classe d’Optique du fameux professeur Irvine. Alors le bateau fend paisiblement les vagues, une brise timide, écrit l’auteur, gonflait sagement les voiles de Ferlas, c’est le nom du voilier. Atmosphère calme mais lourde à cause de la chaleur bien sûr. L’air est suffocant et difficile à respirer. Bref, on entre dans ce roman tranquillement comme sur une mer calme, une petite croisière paisible entre copains le long des côtes bretonnes. Un petit périple de Paimpol jusqu’au nord  de la Bretagne dans la région des Abers. C’est l’occasion de découvrir le phare des Triagoz équipé de lentilles Fresnel qui éclaire la nuit tout ce secteur et évite aux bateaux de s’échouer. Bien sûr, comme vous vous en doutez, on ne va pas en rester là. Même si la balade est agréable, également pour le lecteur, le drame va pointer son nez. Alors, on bascule dans le polar. L’ouvrage est très agréable à lire car le style est limpide. Les éléments indispensables pour entrer dans le récit et en suivre le déroulement se mettent en place naturellement dans le sillage du voilier. Avec des retours en arrière pour présenter les protagonistes et les liens divers qui les unissent. Comme le précise l’auteur, il ne s’agit pas d’un roman ou d’un polar historique. Fresnel est mort alors qu’Hamilton n’avait que 22 ans. Et le titre, pourquoi “Morrison’s Jig“ ? C’est tout simplement le titre d’un air traditionnel irlandais, la jeune fille étant férue de danse irlandaise. Tout cela vous est expliqué dans des notes qui sont les bienvenues en fin d’ouvrage. Son titre je le rappelle, “Morrison’s Jig“ de Michel Brignot aux Editions du Chemin Blanc. Et à travers ses œuvres, on sent bien là un passionné de la mer et de la voile.“

Pierre Maire

Dole (Jura) – 6 mars 2013

Michel Brignot présente “Morrison’s Jig“ et nous parle de sa passion pour l’écriture – Hebdo 39 – 4 septembre 2013 

Le pneumologue dolois Michel Brignot s’est depuis 5 ans découvert une vocation littéraire. Une révélation tardive mais affûtée…

CK. Michel Brignot, vous voilà embarqué pour une nouvelle aventure avec Morrison’s Jig, votre troisième livre mais premier roman. Comment êtes-vous venu à l’écriture ? En fait, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire, ayant subi l’influence bénéfique de mes instituteurs, notamment de mon instituteur de Cours Moyen de Dijon, que j’ai retrouvé 40 ans plus tard et qui m’a gentiment préfacé mon premier livre il y a 5 ans. Et puis de la lecture, j’ai eu envie de m’essayer à l’écriture, comme pour passer de l’autre côté de la page. D’abord en participant à quelques concours d’écriture, dont ceux notamment organisés par la Médiathèque de Dole ou le fameux concours international de fables de Sestri-Levante, ville italienne jumelée avec Dole et où a séjourné Hans Christian Andersen, pour finir par le dernier concours organisé il y a quelques mois par le magazine Participe Présent et où mon texte a été classé deuxième. Alors en 2008, j’ai sorti un premier recueil de nouvelles, “Hors du Bocal“, s’inspirant de souvenirs de ma petite enfance dijonnaise, rapidement suivi par un ouvrage mêlant des textes et des photos sur la mer. Ce n’est qu’en 2012 que j’ai sorti mon premier roman “Morrison’s Jig“. En fait, pour moi qui suis plutôt naturellement timide, l’écriture est un moyen de m’exprimer sans avoir à hausser le ton, me permettant aussi de poser correctement et sereinement mes mots.

CK. Vous êtes pourtant médecin, donc plutôt scientifique… Une dualité sensorielle ? C’est vrai que j’ai évidemment une formation scientifique qui m’a amené à la pratique de la médecine voici bientôt 30 ans mais en fait, je n’ai rien d’un “matheux“. Je me sent plutôt attiré par l’aspect humain de ma profession et tous les échanges que cela permet. Alors de là à m’ouvrir aux autres par l’écriture, le chemin n’était pas si long. Et puis, cet aspect hyper-technique et un peu froid de la médecine n’est pas celui qui m’attire le plus. Au lycée, j’aimais bien la littérature et la philo et en médecine, je ne brillais pas dans les matières réellement scientifiques telles la biochimie ou les statistiques. Sûrement ma partie littéraire enfouie au fond de moi et qui faisait de la résistance. Mon cerveau est toujours en travail et j’ai une aptitude particulière à relever les détails du monde qui m’entoure, que ce soit par la vue ou par l’audition. Le fait d’avoir une mémoire très affûtée aide bien sûr à ce genre d’exercice. J’en arrive ainsi à stocker la matière première qui alimentera mon écriture et me fera trouver les idées conductrices. Je suis aussi très attiré par toutes les formes de création artistique, que ce soit l’écriture, la peinture, la photographie, la musique mais étant personnellement très incompétent en musique, je me suis plus naturellement tourné vers l’écriture. De toute façon, on ne peut pas tout faire… Et puis j’ai aussi un engouement pour l’apprentissage des langues étrangères, plus pour leur musique et leur rythme que pour vraiment les pratiquer. Alors, il y a quelques années, j’ai appris l’Italien…

CK. Pourquoi avoir “délocalisé“ le lieu de l’intrigue, loin du Jura ? L’intrigue de “Morrison’s Jig“ se passe en mer au large de la Bretagne mais emmène aussi le lecteur jusqu’en Irlande et en Angleterre à deux siècles de nous. En fait, toujours du fait de mes observations, l’idée de départ m’est venue lors d’une de mes navigations à la voile, lorsque j’ai appris que la lanterne du phare des Triagoz, au large des Sept-Îles, avait été déposée et était en fait celle que j’avais admiré quelques années plus tôt dans le port de Lézardrieux près de Paimpol. De là cette intrigue policière dans laquelle je mets aussi en scène Augustin Fresnel, le père des phares modernes, en le confrontant à un autre scientifique de la même époque, l’irlandais Rowan Hamilton. Je me suis amusé à les rendre contemporains alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés… Je ne suis pas un écrivain régionaliste. Ca me semblerait difficile, étant Bourguignon d’origine, Franc-comtois d’adoption, Italien de coeur et Irlandais pour les atmosphères…

CK. Parlez-nous de votre technique d’écriture ? Vous êtes, paraît-il, tout sauf un spontané… Une fois que j’ai une idée de départ, je la travaille pour en faire une intrigue et une véritable histoire. Je fais alors un gros travail de documentation pour peaufiner mes personnages, les décors, l’époque, le cadre social ou historique. Bien sûr que je peux faire appel à ma mémoire ou mon vécu et décrire des situations ou des lieux que je connais comme dans “Morrison’s Jig“ mais l’histoire, elle, est toujours une vraie fiction. Pour bien connaître les acteurs de mes histoires et me les approprier, je travaille par fiches que je complète au fil de mes réflexions. Mes personnages prennent vie en même temps que la trame de l’histoire se précise. Lorsque tout cela est fait, je les lâche dans leur univers et là, je ne me consacre plus qu’à l’écriture tous les jours pour ne pas perdre le fil de mon histoire. Pour “Morrison’s Jig“, j’ai beaucoup travaillé sur la société française et anglaise de la fin du XVIIIème siècle et j’ai éprouvé un réel plaisir à ces recherches qui m’éloignaient de notre époque et de mon quotidien. En fait, j’ai plus “l’angoisse de la tête vide“ que celle de la page blanche… J’ai plutôt un style riche, minutieux, imagé, mais facile à lire aux dires de mes lecteurs. Donc effectivement, rien de spontané…

CK. Vous n’avez jamais pensé à vous lancer dans un ouvrage à thématique médicale ? A aucun moment, tellement les autres sujets sont nombreux et variés. Et puis l’écriture est aussi un refuge ou un moyen de déstresser de mes journées de médecine, une façon de découvrir d’autres horizons. Alors pour l’instant, je n’éprouve pas le besoin de m’enfuir de la médecine… dans la médecine.

CK. Des projets futurs ? D’autres chemins que vous souhaiteriez explorer ? Je travaille actuellement, lorsque mon emploi du temps me le permet, à rassembler des informations pour écrire un roman qui se passerait en Italie entre les années 30 et les années 80, une saga familiale sur fond de drame et d’intrigue romanesque. Je lis beaucoup sur l’Italie mussolinienne, la société italienne et d’autres choses que je ne peux pas dévoiler pour l’instant. Je pense que ce roman ne sera pas prêt avant fin 2014. J’ai aussi d’autres projets de nouvelles, de fables pour les enfants, peut-être une biographie historique et pourquoi pas une suite à “Morrison’s Jig“. J’ai encore du mal à me séparer des personnages de ce roman pour passer à autre chose mais je ne suis pas trop dans l’idée de rester dans une même thématique.

CK. On imagine que vous n’avez pas besoin de cela pour gagner votre vie. Finalement, pourquoi écrivez-vous ? C’est vrai que j’ai un métier qui me passionne, qui me prend beaucoup de temps et que je n’ambitionne pas de vivre de ma plume. Je ne ressens donc aucune pression et ne me fixe aucun rythme ou impératif de calendrier dans mes projets. Je me considère surtout comme un artisan qui éprouve beaucoup de plaisir à partager un bel objet avec ses lecteurs, un livre qu’on peut feuilleter et lire, et qui est né complètement de mon imagination et de mon travail. Et je trouve ça magique. Et puis, je suis encore plus admiratif de l’oeuvre et de la vie de certains écrivains qui savent rester modestes et accessibles. Alors, je crois que j’écris pour jouer avec les mots et leur donner un sens, et aussi pour faire un beau cadeau à ceux qui aiment me lire.

CK. Des regrets ou des souhaits ? Je pourrais regretter de ne pas m’être mis à l’écriture pour les autres plus tôt mais en fait, ma démarche a été progressive et, après de nombreuses années d’auto-écriture où j’ai été mon seul lecteur, les choses sont arrivées au moment où j’étais prêt. Je souhaite écrire le plus longtemps possible et pourquoi pas un jour partager mes textes avec d’autres artistes qui feraient des images…

Michel Brignot sera en séance de dédicaces à la Librairie des Arcades de Lons le Saunier le samedi 21 septembre 2013 entre 15 et 18h.

Cyril Kempfer – Hebdo 39 – 4 septembre 2013

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

Textes et photographies de Michel Brignot – Editions Blurb – 2008 – 158 pages – Couverture rigide avec jaquette – Format 25 X 21 cm – Epuisé.

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

A travers ces quelques pages, j’ai eu à coeur de retracer ces deux semaines que j’ai passées aux Glénans sur le site de Paimpol en août 2008.

Des débuts dans le monde de la voile qui m’ont permis de découvrir un monde fascinant mais aussi des femmes et des hommes soucieux de transmetttre leur savoir et leur expérience du vent et de la mer, de côtoyer d’autres personnes qui, à mon image, n’avaient jamais mis le pied sur le pont d’un voilier ou n’avaient jamais encore osé lire les vagues ou déchiffrer le mouvement des voiles.

Des images superbes, des souvenirs inoubliables et finalement, une envie folle de repartir pour d’autres navigations.

La voile marquée d’une bande rouge, le signe de reconnaissance des Glénans.

Merci à tous les membres des Glénans pour leur patience et leur humanité.

Bonne lecture ou plutôt bon vent à tous dans cette navigation où les vagues du texte viennent se briser sur les écueils des images.