Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac

Edité en 2015. France

Ivan Calbérac

Emile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l’accompagner…. C’’est l’’histoire d’’un adolescent né dans une famille inclassable, l’histoire d’un premier’ amour, miraculeux et fragile. C’est l’histoire d’un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.

Un roman où l’humour se mêle à l’émotion, dans la lignée de « La vie devant soi » de Romain Gary, de « L’attrape-coeurs » de J. D. Salinger, ou du film « Little Miss Sunshine ».

Léger, drôle et vivifiant !!!

Venise n’est pas en Italie

En 2016, le livre a été adapté au théâtre et mis en scène par l’auteur lui-même.

Gloire tardive d’Arthur Schnitzler

Edité en 2014 . Autriche.

Arthur Schnitzler

Später Ruhm

Voici un ouvrage du célèbre romancier viennois Arthur Schnitzler qui provient de ses œuvres posthumes et dont la traduction française est enfin publiée. Sa lecture nous plonge dans l’univers presque intimiste d’un homme écartelé entre deux mondes, deux vies, deux désirs… La caractéristique majeure de cet homme qui me semble être le sosie moral de l’auteur lui-même, d’ailleurs le nom de ce personnage commence et finit par les mêmes lettres que celui de SchnitzleR : SaxbergeR, tient en un mot, une idée, voire une obsession : la vieillesse, aggravée par la nostalgie d’un succès, d’une renommée qui tardent à venir. D’où l’autre titre de cette même nouvelle, un peu longue (et qui n’a pas du tout le même rythme nerveux que les écrits de son compatriote Stefan Zweig) : Histoire d’un poète âgé…

Edouard Saxberger, un vieux fonctionnaire confit dans une vie de routine, trouve un soir en rentrant chez lui un jeune homme qui l’attend. Il se dit poète et prétend avoir déniché un vieux livre les Promenades écrit par Saxberger des décennies auparavant. Il brûlait d’envie de faire la connaissance de celui qu’il considère comme un Maître.

Saxberger, qui a presque oublié qu’il a un peu écrit dans sa lointaine jeunesse, est surpris, puis amusé. Et même flatté quand le jeune homme l’invite à le rejoindre un soir dans un des Kaffeehäuser de Vienne où se réunissent régulièrement ses amis, un cercle de jeunes poètes qui porte le joli nom de Begeisterung (Exaltation). Le vieux monsieur est accueilli avec respect et admiration et ne peut bientôt plus se passer de cette ambiance. A ses risques et périls.

Se mêle également au groupe une femme, comédienne sur le retour, probablement inspirée à Schnitzler par l’une de ses maitresses.

Le vieux poète déchante finalement lorsqu’il saisit une remarque désobligeante de la part d’un de ces jeunes excentriques, la réflexion “ Pauvre diable “ lâchée par l’un d’eux, le ramenant durement à la réalité et lui renvoyant sa vieillesse en plein visage  comme un fléau irrémédiable.

Le jeune homme confesse enfin la supercherie et qu’aucun membre du cénacle, y compris lui-même, n’a jamais lu les Promenades

Gloire tardive

Ce retour de jeunesse chez un vieillard n’est pas sans rappeler La Mort à Venise de Thomas Mann. Arthur Schnitzler analyse ici avec finesse et indulgence la tentation dangereuse de rajeunir, et son trop prévisible échec. Et il épingle au passage un milieu littéraire où règnent de jeunes ambitieux sans grand talent, mais fort habiles à assurer ce que nous appellerions aujourd’hui leur communication.