Petit abécédaire de mes premiers émois

Petit abécédaire de mes premiers émois – Préface d’Albert Meney – Editions du Chemin Blanc – 176 pages – 21 X 16 cm – ISBN 9782954185712 – 12 euros sans les frais de port. Sortie officielle le 18 avril 2018. Disponible auprès de l’auteur, sur le site et dans les librairies régionales.

Petit abécédaire de mes premiers émois

Des souvenirs d’une enfance dijonnaise présentés sous forme de très courtes nouvelles.

Ces premiers émois évoquent une période qui pourra sembler démodée aux plus jeunes mais qui rappellera leur quotidien de l’époque aux lecteurs un peu plus âgés.

Ces souvenirs sont ici traités avec humour ou émotion et présentés sous la forme d’un petit abécédaire agrémenté de quelques citations ou définitions.

La mort du taxidermiste de Guillaume Le Touze

Edité en 2017. France.

Guillaume Le Touze

Taxidermiste, Bernard l’est devenu après d’autres métiers et une longue traversée que cette histoire révèle mais, lorsqu’il s’installe à Paris dans les années 1970, la vie s’est adoucie. Le silence et la minutie, l’imaginaire et l’observation sont des qualités primordiales pour exercer cette étrange profession qui consiste à redonner corps à la perte, à retrouver la posture souvent furtive qui parachève l’identité d’un animal. Dans son atelier se côtoient des oiseaux, des renards, quelques lémuriens auprès desquels se détache la longue silhouette d’une girafe oubliée là par son commanditaire.
Tout comme les êtres en ces lieux sont réinventés, la géographie d’une vie demeure pour cet homme une construction aléatoire que l’on peut maquiller pour ne jamais en faire état.
Est-ce pour cela que Marianne, sa fille aînée, est revenue vivre en Corse ? Seule dans un village de l’Alta Rocca, elle est allée chercher dans les replis du paysage la force de l’ancrage et la mesure du temps.

La mort du taxidermiste

 Si le thème de la filiation apparaît dans tous les livres de Guillaume Le Touze, celui-ci semble s’y adosser pour aborder cette fois l’identité sous le signe de la topographie. Car le personnage principal de ce roman est une île hérissée de monts et de blocs granitiques, une île habitée d’arbres millénaires enracinés en pleine mer.

Guillaume Le Touze est un écrivain français né au Havre en 1968. Après avoir commencé sa vie professionnelle par le théâtre et le cinéma, il est recruté comme maquettiste par la maison d’édition L’Ecole des loisirs, qui publie ses premiers textes pour la jeunesse en 1991. Son premier roman pour adultes suivra en 1992. Il reçoit le Prix Renaudot 1994 pour Comme ton père.  Il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

Le jour d’avant de Sorj Chalandon

Edité en 2017. France.

Sorj Chalandon

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Le roman fait revivre une catastrophe dans les houillères. Bouleversant.

L’auteur revient sur le terrible accident de la mine de Saint-Amé de Lens-Liévin le 27 décembre 1974. Quarante-deux morts. Il n’y a dans ce récit ni révélations ni sensationnalisme, mais la souffrance d’hommes qu’on a traités plus bas que terre, ces « hommes du sous-sol » descendus à 710 mètres alors que la fosse n’avait pas été ventilée. Des mineurs qui ont senti le danger arriver, comme la mort. Ils allaient à la mine à reculons, tandis que la fin approchait à grands pas. Le grisou était au rendez-vous.

L’écrivain, également journaliste, est d’une extrême précision dans le choix de ses mots. Il manie la langue comme les mineurs leurs outils. Tout sonne juste, terriblement juste. Les passages sur la descente aux enfers des hommes et le manque d’air nous suffoquent également. Le malheur de ces 42 hommes de tous âges nous atteint, la douleur des femmes et des enfants nous meurtrit. Chalandon rend justice aux victimes et à leurs familles. Et confirme que ce drame ne devait rien à la fatalité.

Il ne s’agit pas ici d’une reconstitution du drame de la fosse 3 bis, mais d’un véritable roman qui nous stupéfie aux deux tiers du livre. Le suspense tombé de la plume de l’auteur nous assomme littéralement. Le lecteur se verra tellement surpris par la tournure de l’histoire qu’il sera tenté de reprendre les pages précédentes. S’ouvre alors un nouveau rythme, une autre atmosphère, un pitch haletant, une joute oratoire passionnante entre l’avocat général et celui de la défense. Le jour d’avant nous saigne mais ne se lâche pas. Alors, tant pis pour ceux qui le trouvent larmoyant, parce qu’il est aussi question de fierté et de dignité, du monde ouvrier désormais en voie de disparition.

Le jour d’avant

Sorj Chalandon est né à Tunis le 16 mai 1952. Journaliste, il travaille à « Libération » de 1974 à 2007. Grand reporter, il reçoit le Prix Albert-Londres en 1988 pour ses reportages sur le procès Klaus Barbie. Depuis 2009, Sorj Chalandon est journaliste au « Canard enchaîné », ainsi que critique cinéma. En 2005 il publie son premier roman, « Le Petit Bonzi », puis l’année suivante « Une promesse », couronné par le Prix Médicis. Suivent « Mon traître » en 2008 (Prix Joseph Kessel), « Retour à Killybegs » en 2011, Grand Prix du roman de l’Académie Française. En 2013, le « Le quatrième mur » reçoit le Goncourt des lycéens. En 2015, il publie « Profession du père » son roman le plus autobiographique.

Le crime de Arni Thorarinsson

Edité en 2016. Islande.

Arni Thorarinsson

Glæpurinn – Åstarsaga

Avant ils étaient heureux, une famille heureuse, et puis ils l’avaient appris et leur vie était devenue un enfer. La vérité leur a éclaté en pleine figure. Ils ont tout caché, surtout pour leur fille, mais se sont engagés à lui parler le jour de ses dix-huit ans. Tous les trois, comme ils ont pu, ils ont attendu ce jour et craint son arrivée. La mère veut, contre vents et marées, tenir sa promesse. Le père doute que la vérité les libère du cauchemar qu’est leur vie. La fille se révolte, essaie de survivre, de les tenir à l’écart. Elle les hait autant qu’elle les aime. Elle vit loin d’eux, entourée d’amis bien intentionnés, qui l’aiment, eux. Le Crime est l’histoire inquiétante d’une journée fatale, dont le souvenir obsède longtemps le lecteur, épouvanté et désolé de ce grand gâchis que peut être toute vie. Une journée comme on aimerait jamais avoir à en vivre.

Mais quel est donc cet effroyable forfait que les parents ont commis pour se condamner ainsi à de tels tourments et à cette incessante fuite en avant  ?

La chute de ce roman nous libère à peine de cette oppression qui nous étreint dès les premières pages du livre…

Comme moi, j’espère que vous serez happés par le style et le talent de Thorarinsson et que vous ne lâcherez pas ce bouquin avant la dernière page.

Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavík où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l’université de Norwich en Angleterre, il devient journaliste dans différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavík de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.

Comment Baptiste est mort d’Alain Blottière

Edité en 2016. France.

Alain Blottière

Enlevé dans le désert par un groupe de djihadistes avec ses parents et ses deux jeunes frères, Baptiste, après plusieurs semaines de captivité, est le seul à être libéré. Ponctué d’hésitations, de silences, son débriefing laisse apparaître des zones d’ombre, des secrets qu’il tient à garder. Il y est régulièrement question de la séparation d’avec le reste de sa famille. Le garçon semble aussi avoir perdu la mémoire d’événements importants. Peu à peu, néanmoins, se révèle l’histoire extraordinaire et cruelle de celui à qui ses ravisseurs ont donné le nom d’un renard du désert : Yumaï. Celui qui a désormais renoncé à se faire prénommer Baptiste et qui tient à se faire appeler Yumaï lâche par bribes l’histoire de sa captivité. Mais des zones d’ombre persistent, des pans cachés de son existence que Baptiste tient à garder enfouis au plus profond de son esprit. Dressé par ses ravisseurs à tuer et à survivre après avoir passé une semaine d’initiation enfermé dans une grotte pleine de traces d’existences antérieures, le jeune garçon finit presque par être adopté par ceux qui l’ont privé de sa famille mais avec qui il se sent curieusement bien. Peut-être est ce l’effet de ces « pilules de bonheur et de courage » qu’on lui donne régulièrement…

Ce roman est construit de façon singulière. L’histoire alterne les conversations du jeune garçon avec celui qui cherche à le faire revenir à la réalité et des phases de récit de la captivité de Baptiste où l’on comprend mieux l’évolution des relations du jeune garçon avec ses geôliers.

Mais la question demeure du destin des parents et des jeunes frères de Baptiste dont on finit par comprendre qu’il ne lui est pas étranger. Ici, tout est habilement suggéré par l’auteur qui évoque les grandes questions de la radicalisation, de la maltraitante des enfants, de leur fragilité et de leur vulnérabilité et au delà de tout de leur instrumentalisation.

Comment Baptiste est mort

Un livre remarquable et une très belle histoire écrite dans un style percutant…

Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia

Edité en 2012. Italie.

Davide Enia

Cosi in terra

Palerme, années 1980. Comme tous les garçons de son âge, Davidù, neuf ans, fait l’apprentissage de la vie dans les rues de son quartier. Amitiés, rivalités, bagarres, premiers sentiments et désirs pour Nina, la fillette aux yeux noirs qui sent le citron et le sel, et pour laquelle il ira jusqu’à se battre sous le regard fier de son oncle Umbertino. Car si Pullara, Danilo, Gerrudo rêvent de devenir ouvriers ou pompistes comme leurs pères, Davidù, qui n’a pas connu le sien, a hérité de son talent de boxeur.
Entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance, Davide Enia tisse le destin d’une famille italienne, de l’après-guerre aux années 90, à travers trois générations d’hommes dont le jeune Davidù incarne les rêves. Entremêlant leurs histoires avec brio, Davide Enia dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et ceux qui l’habitent.

Sur cette terre comme au ciel

La saga d’une famille de boxeurs sur fond de société palermitaine contemporaine. Un très beau premier roman pour lequel Davide Enia a reçu le prix Strega.