Vertigo 42 de Martha Grimes

Edité en 2014. Etats-Unis.

Martha Grimes

Richard Jury, célèbre commissaire de Scotland Yard rencontre, par l’intermédiaire d’un ami commun, Tom Williamson. Ce dernier le supplie de rouvrir une vieille affaire. Celle qui concerne son épouse Tess retrouvée au pied de l’escalier de leur manoir dans le Devon. La police avait alors conclu que la jeune femme avait été victime d’un vertige ayant entrainé sa chute mortelle. Cependant, Williamson est intimement persuadé que sa femme a été assassinée et qu’un lien doit être fait avec le décès d’une petite fille survenu six ans plus tôt dans leur jardin…

Ce jour-là, cinq autre enfants du voisinage étaient présents pour une étrange partie de cache cache. Mais alors que Jury tente de les retrouver pour reconstituer les faits, deux meurtres ont lieu quasi simultanément dans la région. Toutes ces morts, pourtant si éloignées dans le temps, sont-elles liées ?

Au terme d’une enquête qui emprunte autant à l’art des faux-semblants d’Hitchcock qu’aux romans moraux de Thomas Hardy, le commissaire Richard Jury se distingue une nouvelle fois avec brio.

Un roman policier peut-être un peu difficile à lire du fait des nombreuses intrigues qui s’enchevêtrent…

Vertigo 42

Martha Grimes est née en 1931 à Pittsbugh en Pennsylvanie. Elle est l’auteur de nombreux romans policiers qui mettent tous en scène le commissaire Richard Jury de Scotland Yard.

L’affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe

Edité en 2016. France.

Romain Slocombe

“ Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs. “

Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3ème section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les “ terroristes “.

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison.

Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

L’affaire Léon Sadorski

Mais à son retour en France, quand une jeune femme est assassinée et que la police SS lui confisque l’enquête, Sadorski décide de faire justice lui-même en dépit de tous les dangers…

Après le succès de Monsieur le commandant, Romain Slocombe nous entraîne dans les abîmes de la collaboration et de la mauvaise conscience française dans ce premier volet de la série Sadorsky.

Une intrigue haletante dans un roman remarquablement bien documenté qui a valeur de témoignage historique.

On attend la suite avec impatience…

Le fleuve des brumes de Valerio Varesi

Edité en 2016. Italie.

Valerio Varesi

Il fiume delle nebbie

“Ses recherches le conduisaient toutes vers le Pô, sur cette terre plate où l’on ne voyait jamais le ciel. Et lui ne croyait pas aux coïncidences.“
Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit.
Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval, évite miraculeusement quelques piles de pont, avant de disparaître dans le brouillard.
Quand elle s’échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable.
Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l’hôpital de Parme pour enquêter sur l’apparent suicide d’un homme.
Lorsqu’il découvre qu’il s’agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le détective est convaincu qu’il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents.
Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long du fleuve et n’ont pas enterré les vieilles rancœurs. Tous font front contre lui. Il n’est pas d’ici et les histoires des gens du fleuve ne le regardent pas.
Les luttes féroces entre chemises noires fascistes et partisans communistes à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisées, et tandis que les eaux baissent, la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalité, d’amères rivalités et de vengeance vieilles d’un demi-siècle…

L’intrigue de ce roman est tissé d’une rive à l’autre du Pô, ce fleuve qui est la frontière naturelle entre la Lombardie au nord et l’Emilie Romagne au sud. Ce cours d’eau que les hommes ont su apprendre à respecter, car c’est toujours lui qui a le dernier mot. Le commissaire Soneri l’a compris lorsque le fleuve rend ce qu’on lui a confié, le corps d’un des deux frères disparu dans la nuit. Et à force de patience et de roublardise, il atteindra son but : découvrir pourquoi ces deux frères sont morts brutalement pratiquement au même moment.

Le style de ce roman est sombre et pesant mais aussi vif, parfois ponctué de quelques jolis moments de culture italienne, lorsque Soneri déguste la gastronomie locale, ou lorsque son téléphone le dérange régulièrement en écorchant Aïda de Verdi.

Le fleuve des brumes

A conseiller bien sûr aux amateurs de polars noirs, mais aussi à ceux qui aiment l’Italie et ses charmes mystérieux…

Norma de Sofi Oksanen

Edité en 2015. Finlande.

Sofi Oksanen

Le corps d’Anita Ross vient d’être retrouvé dans le métro de Helsinki. Les témoins sont unanimes : elle s’est jetée sur les rails.
Norma, sa fille unique, refuse d’y croire. Anita ne l’aurait jamais laissée seule avec son secret : ses cheveux sont vivants, ils ressentent des émotions, s’animent et poussent si vite qu’elle est obligée de les couper plusieurs fois par jour.
Prête à tout pour connaître la vérité, Norma décide de retracer les derniers jours de sa mère, allant jusqu’à se faire embaucher dans le salon de coiffure où elle travaillait. Ses découvertes font ressurgir un passé trouble qui n’est pas sans susciter l’attention d’un puissant clan de la mafia locale…

Norma

Un roman très noir à l’intrigue haletante sur fond d’exploitation de la femme dans lequel le passé d’Anita remonte péniblement et douloureusement à la surface… mais un ouvrage dont la lecture m’est parue malheureusement ardue et difficile.

Sofi Oksanen est une écrivaine finlandaise, née à Jyväskylä le 7 janvier 1977. Son troisième roman, Purge, qui a reçu de nombreux prix en Finlande, l’a fait connaitre en France, où il a également été primé. 

La vérité sur la maladie de Lyme du professeur Christian Perronne

Edité en 2017. France.

Professeur Christian Perronne

Ce livre n’est ni une fiction ni un roman ni un polar. Alors que fait il ici sur ce blog littéraire ? Que fait ici ce livre a priori très technique tel un intrus parmi les autres ?

Tout simplement parce qu’il est porteur de messages forts et essentiels que j’ai eu envie de relayer ici, parce que son contenu m’a plu, parce que j’ai aimé la démarche de l’auteur et parce que je voudrais que beaucoup le lisent à leur tour.

Le professeur Christian Perronne, infectiologue reconnu, chef du service d’infectiologie de l’hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches, a voulu ici témoigner de son expérience de la maladie de Lyme, maladie infectieuse transmise par les morsures de tiques infectées sur laquelle il travaille depuis de nombreuses années. Ce livre, facile à lire et remarquablement documenté, illustré de nombreuses anecdotes, est un véritable “pavé dans la mare“ qui dénonce une imposture épidémiologique et un véritable scandale sanitaire. D’abord, alors que les malades sont de plus en plus nombreux, les diagnostics sont souvent difficiles voire impossibles à établir du fait d’une sérologie (diagnostic sur une prise de sang) qui reste négative en raison d’une calibration délibérément faussée de la technique. Et comme l’écrit le professeur Perronne : sans diagnostic, pas de malade et donc pas de problème. Mais aussi, ce flou diagnostique se double d’un laxisme voire d’un vide thérapeutique puisqu’on pourrait très facilement traiter et guérir les malades pour peu qu’on leur administre des antibiotiques à la bonne dose et sur une durée suffisante dès le stade initial d’érythème migrant. Mais là encore, ce point n’est pas admis par les instances officielles et par les autorités mondiales en matière d’infectiologie qui préconisent des traitements trop peu dosés et trop courts, inefficaces, exposant le malade à des rechutes ou à l’évolution vers la forme chronique de la maladie. Et la liste des aberrations dénoncée par Christian Perronne est longue. Que ce soit au sein des malades en souffrance profonde qui sont dans une véritable impasse dont ils ne peuvent sortir, certains en arrivant même à envisager le suicide tellement la vie leur devient insupportable. Que ce soient les présentations diverses de la forme chronique de la maladie de Lyme que l’on assimile trop souvent et trop hâtivement à des maladies psychosomatiques ou psychiatriques. Que ce soit le déni permanent et calculé des instances infectiologiques internationales qui persistent à rester sourdes et aveugles au fléau sanitaire parfaitement pointé depuis longtemps par le professeur Perronne et quelques autres. L’auteur évoque même de nombreux cas de maladies chroniques mal ou non expliquées (idiopathiques comme disent les médecins) qui ne sont pour lui que des formes atypiques ou méconnues de crypto-infections (certains cancers, la sclérose en plaque, les maladies inflammatoires intestinales, la maladie d’Alzheimer…) et qu’on pourrait guérir au prix d’un traitement antibiotique bien ajusté et prescrit très tôt dans l’évolution de la pathologie. Mais là encore, le lobbying pharmaceutique fait front et se bat pour qu’on ne le prive pas de cette manne financière que sont ces malades chroniques condamnés à un traitement médicamenteux à vie.

Enfin, l’auteur cite de nombreuses références bibliographiques sur cette question de la maladie de Lyme et notamment des ouvrages écrits par des malades.

 

La vérité sur la maladie de Lyme

La vérité sur la maladie de Lyme  apparait comme un thriller dont les victimes innombrables, d’abord mordues par les tiques “serial killers“ sont ensuite livrées à la bêtise d’une communauté médicale qui refuse de se remettre en question et enfin abandonnées à leur triste sort. Comme l’écrit Christian Perronne, parce que “le système refuse de voir qu’il y a des gens qui souffrent et des gens qui savent les soigner.“

Le livre se termine heureusement sur une note d’espoir avec la perspective que les  crypto-infections soient enfin reconnues et traitées comme il se doit et que les crypto-infectiologues puissent enfin exercer au grand jour sans craindre d’être persécutés ou sanctionnés. La Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) regroupe maintenant les représentants des malades avec un conseil scientifique composé de médecins et de chercheurs.

Bravo au Professeur Christian Perronne qui continue de se battre et qui a le courage de mettre sa compétence et son dynamisme au service de tous ces malades qu’on continue d’appeler des patients alors qu’ils auraient de bonnes raisons de ne plus l’être.

Et merci à Benoit Chevrier de m’avoir permis de le rencontrer et de l’entendre lors de sa venue à Lons-le -Saunier le 11 février 2017 dans le cadre des Rencontres de Lyme.

Le professeur Christian Perronne est chef de service en infectiologie à l’hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches, faculté de médecine Paris – Île-de-France Ouest. Il a été président de plusieurs instances médicales et scientifiques, notamment du Collège des professeurs de maladies infectieuses et tropicales. Il a été vice-président d’un groupe d’experts sur la vaccination à l’OMS.

Adios Hemingway de Leonardo Padura

Edité en 2007. Cuba.

Leonardo Padura

Dans le jardin de la Finca Vigia, la maison-musée d’Ernest Hemingway, on déterre un cadavre portant l’insigne du FBI. Ce cher Ernest serait-il l’assassin ? Pas facile d’enquêter après tant d’années, surtout sur un écrivain de cette stature, qui vous inspire des sentiments ambigus d’admiration et de haine. Mario Conde, l’ancien flic, prend son courage à deux mains et exhume le souvenir de ce monstre sacré, généreux, odieux, inoubliable.

Leonardo Padura donne ici la parole à l’écrivain et à tous ceux qui l’ont connu lors de son séjour à La Havane pour faire de ce roman un hommage biographique posthume à Papa, celui qui est devenu un mythe sur l’ile. Cette enquête n’est en fait qu’un prétexte pour nous emmener sur les traces du vieil homme grand amateur d’armes et de combats de coqs. déclinant et se sentant gagné par la maladie. Le policier retrouve et interroge quelques survivants nostalgiques de cette époque pour lesquels la culpabilité d’Hemingway parait impossible. Certes, il était volontiers irascible et fougueux mais savait aussi se montrer tellement généreux. Et si tous s’était trompé sur la véritable personnalité d’Ernesto ?

Alors où s’arrête la réalité et où débute la fiction ?

Adios Hemingway

A vous d’en décider en suivant l’enquête de Mario Conde.

Merci à Eric Tavernier, récemment revenu de Cuba, de m’avoir fait découvrir ce roman.

La scribe de Antonio Garrido

Edité en 2009.Espagne.

Antonio Garrido
Antonio Garrido

A mi-chemin entre Le Nom de la rose et Les Piliers de la terre.

Et si une jeune scribe tenait entre ses mains le destin de l’Occident ?

Franconie, an 799. L’histoire commence à Wursbourg à la veille du sacre de Charlemagne. C’est ici que vivent Gorgias et sa famille. Né à Constantinople, issue d’une riche famille déchue, il remplit la mission de scribe au scriptorium épiscopal. Sa fille Theresa, à qui il a transmis sa passion de la lecture, est apprentie à la parcheminerie. Contrairement aux jeunes femmes de son âge dont le rêve est de fonder une famille, elle n’aspire qu’à une chose : vivre parmi les livres. Mais l’incendie de son atelier l’oblige à quitter sa ville et à se réfugier dans la cité abbatiale de Fulda pour échapper à tous ceux qui la croient coupable de ce méfait. Là, elle devient la scribe du moine Alcuin d’York, véritable Sherlock Holmes en robe de bure. Sensible à la vive intelligence de la jeune fille, il recherchera sa collaboration pour découvrir les causes d’une mystérieuse épidémie, une maladie étrange qui ne semble toucher que les riches. Alors que Theresa l’assiste dans ses enquêtes, elle découvre que, dans sa fuite, elle a emporté à son insu un précieux parchemin qui pourrait bien sceller l’avenir de la chrétienté… Sa vie va être menacée et ses repères bouleversés. Amis ou ennemis ? Dans quel camp œuvrent ceux qui l’entourent ?
A travers les aventures de Theresa, jeune femme hors norme et attachante, La Scribe évoque une page décisive du christianisme au Moyen-Age. Coups de théâtre, érudition et étonnants personnages fictifs ou réels sont les ingrédients de ce roman historique au rythme trépidant.

La scribe

Antonio Garrido a consacré plus de deux ans à ses recherches. Il ne s’est pas contenté de fréquenter les bibliothèques et les musées mais a parcouru une partie de l’Europe à la rencontre d’historiens spécialistes de la période carolingienne. De fait, il nous immerge dans cet empire carolingien à son apogée, retraçant avec brio, autant la vie du peuple (prostituées, meuniers, parcheminiers) que celles des moines ou des nobles. Il nous entraine aussi à la découverte des scriptoria, créés pour purger les ouvrages de leurs fautes et les recopier dans une nouvelle écriture qui gagne en lisibilité, la minuscule caroline…

Antonio Garrido s’impose là comme l’un des maîtres du roman historique contemporain.

Best-seller en Espagne à sa sortie.

L’encre mauve de Florence Meney

Edité en 2015. Canada.

Florence Meney
Florence Meney

Ce fut pour moi une expérience étrange que de lire un polar écrit par la petite-fille d’Albert, mon vieil instituteur qui avait préfacé le recueil de nouvelles que j’avais sorti en 2007. Cette ancienne journaliste vit près de Montréal et n’en est pas à son coup d’essai.

L’encre mauve est probablement le seul roman (ou peut-être un des rares au monde) dont le texte est imprimé en deux couleurs, le noir classique que l’on connait et ce mauve très pâle qui attire le regard du lecteur et qui est la couleur de l’encre dans laquelle le juge Antoine Larivière a écrit ce manuscrit bizarre qu’il soumet à la lecture de Laura en lui présentant son projet de roman. La jeune femme travaille comme éditrice aux éditions Laflèche, dirigée depuis peu par le sinistre et incompétent Jean-Sébastien Laflèche qui veut révolutionner l’entreprise après avoir succédé à son oncle Aurélien brutalement décédé d’un accident cardiaque en pleine réunion de travail. Le manuscrit du juge Larivière, c’est l’histoire sombre et inquiétante d’un parasite, une araignée géante qui menace le lecteur, comme s’il y avait dans ces mots un message masqué que Laura ne parvient d’abord pas à déchiffrer.

Le roman de Florence Meney, c’est aussi l’histoire sordide du triple meurte qu’a commis Georges Gadbois, un membre éminent et compétent du service de sécurité du Québec, en tuant sauvagement sa femme et ses deux filles jumelles. Il est appréhendé et son procès doit être jugé par… Antoine Larivière qu’on retrouve au tribunal et qui suit les plaidoiries sans jamais se départir d’un timide sourire intriguant. Philippe Lécuyer est chargé de l’enquête pour tenter de comprendre ce qui a motivé le geste tragique de Georges Gadbois. Florence Meney nous emmène très habilement dans les arcanes du système judiciaire canadien, au coeur de cette affaire qui fait de Gadbois le coupable idéal, celui que toute la population québécoise  voudrait voir au moins condamné à la prison à vie et même à la peine capitale, tant cela semblerait la punition logique et minimale en regard de la faute qu’il a commise. Et Lécuyer, aidé de son collègue Dupin qui reprend du service, en vient à remuer le passé du juge Larivière dans lequel ressurgissent Aurélien Laflèche et sa femme Rose, ce juge dont les épouses successives sont toutes mortes curieusement de façon pas toujours très claire. Le Docteur Binet, ayant malhonnêtement prêté son concours au juge Larivière pour masquer le meurtre probable de sa première épouse, m’a rappelé un autre médecin du même nom de ma région d’origine. Hasard ou petit clin d’oeil autobiographique de l’auteure ?

Le Mal rôde. Laura mènera son enquête jusqu’aux limites de ses forces.

Tout finira par s’éclairer aux yeux du lecteur mais au terme d’une intrigue haletante et pleine de rebondissements, d’un suspense psychologique mettant en relief les turpitudes et les noirceurs de l’âme humaine .

Le roman se termine par un ultime message que le juge Larivière adresse à Rose, la veuve d’Aurélien Laflèche. Toujours écrit de cette encre mauve aux accents de menace et de mort…

L’encre mauve

Il faut lire ce livre qui témoigne incontestablement de l’habileté de l’auteure dans la  construction de l’intrigue policière sans oublier la précision du travail de documentation qu’ont rendu nécessaire la mise en scène des longues scènes de tribunal ou les descriptions des sentiments parfois troubles et équivoques ressentis par les personnages.

Merci Florence pour ce très beau roman…

Florence Meney est une journaliste et une écrivaine, essayiste et romancière, spécialiste en relations médias.
Elle a été journaliste (chef de pupitre, journaliste) à la Société Radio-Canada, en poste successivement à Sudbury (Ontario), Toronto (Ontario) et Montréal (Québec), pendant 23 ans. Elle est actuellement responsable des Relations médias au CIUSSS de L’Est de Montréal après avoir oeuvré à l’Institut Douglas, et après avoir été ajointe à la Direction de l’information au Journal de Montréal. Elle a publié trois essais, trois romans (thrillers) et a participé à deux recueils de nouvelles de fiction.

Essais

2008 « Montréal à l’encre de tes lieux« , photographies de Luc Lavigne
2010 « Se réinventer. Visages de la vitalité humaine »
2013 « À l’autre bout de la laisse. Une méthode pour prévenir plutôt que guérir dans la relation homme-chien« 

Romans

2012 « Répliques mortelles »
2013 « Rivages hostiles »
2015 « L’Encre mauve« 

Angor de Franck Thilliez

Edité en 2014. France.

Franck Thilliez
Franck Thilliez

Camille Thibault est gendarme dans le nord de la France. Cette jeune femme, greffée du coeur, ressent de plus en plus souvent des symptômes désagréables, comme si son nouveau coeur vivait toujours en exprimant en elle les sentiments et les déboires de son ancien propriétaire. Elle a aussi de plus en plus souvent des visions funestes dans lesquelles elle voit toujours des jeunes femmes en proie aux pires supplices et aux souffrances les plus atroces. Mais qui est-il, celle ou celui à qui elle doit la vie ? Un monstre ou un malade mental ? Son envie de le découvrir va la faire basculer dans l’horreur. Son enquête va l’emmener sur les traces de tueurs démoniaques qui ne reculent devant rien pour se laisser aller à leurs pulsions les plus animales. Franck Thilliez nous fait découvrir ici l’insoupçonnable et va bien au delà de ce qu’on pourrait imaginer en nous décrivant la noirceur profonde de l’âme humaine. Sur son chemin, Camille va croiser une autre équipe de policiers, dont un couple Lucie et Sharko, qui enquête elle aussi sur les disparitions de jeunes femmes venant des pays de l’Est. L’intrigue se passe d’abord en France puis nous emmène en Espagne et en Argentine sur les traces de criminels dont les abominables vocations sont nées sous le Franquisme et la dictature des colonels. Et tout y passe, des milieux sado-masochistes et fétichistes de la capitale parisienne au trafics d’organes et d’enfants.

L’auteur nous malmène et nous livre ici une histoire épaisse et obscure mais superbement rythmée où l’on va de rebondissements en rebondissements. Même si l’on n’est pas amateur de polar noir, ce gros livre nous tient en haleine. Mais sa lecture est oppressante et le point final est libérateur.

Angor

Ce roman est angoissant, éprouvant comme une véritable crise d’angor…

“Le sexe, le pouvoir, l’argent. Réunis tout ça dans un seul homme, et tu en fais un prédateur redoutable. C’est peut-être à ce genre d’individus qu’on est confrontés en ce moment.“

Franck Thilliez est né en 1973 à Annecy et vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur de Train d’enfer pour Ange rouge (La Vie du Rail, 2003), La chambre des morts (Le Passage, 2005), Deuils de miel (La Vie du Rail, 2006), La Forêt des ombres (Le Passage, 2006), La Mémoire fantôme (Le Passage, 2007), L’Anneau de Moebius (Le Passage, 2008), Fractures (Le Passage, 2009) et Vertige (Fleuve Noir, 2011). La Chambre des morts, adaptée au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar et le prix SNCF du polar français. L’ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.
Après Le Syndrome E (Fleuve Noir, 2010) et Gataca (Fleuve Noir, 2011), on retrouve Lucie Henebelle et Franck Sharko dans Atomka, qui a paru en 2012 chez Fleuve Noir.
Son dernier roman, Puzzle, est paru en octobre 2013 aux éditions du Fleuve. Depuis Angor sont sortis L’Encre et le sang et Pandemia.