Paré pour les salons littéraires et les manifestations culturelles !!!

Paré pour les salons littéraires et les manifestations culturelles !!!

Michel BRIGNOT – Auteur – michelbrignot@gmail.comhttp://www.michelbrignot.com

Michel BRIGNOT – Auteur

Gloire tardive d’Arthur Schnitzler

Edité en 2014 . Autriche.

Arthur Schnitzler

Später Ruhm

Voici un ouvrage du célèbre romancier viennois Arthur Schnitzler qui provient de ses œuvres posthumes et dont la traduction française est enfin publiée. Sa lecture nous plonge dans l’univers presque intimiste d’un homme écartelé entre deux mondes, deux vies, deux désirs… La caractéristique majeure de cet homme qui me semble être le sosie moral de l’auteur lui-même, d’ailleurs le nom de ce personnage commence et finit par les mêmes lettres que celui de SchnitzleR : SaxbergeR, tient en un mot, une idée, voire une obsession : la vieillesse, aggravée par la nostalgie d’un succès, d’une renommée qui tardent à venir. D’où l’autre titre de cette même nouvelle, un peu longue (et qui n’a pas du tout le même rythme nerveux que les écrits de son compatriote Stefan Zweig) : Histoire d’un poète âgé…

Edouard Saxberger, un vieux fonctionnaire confit dans une vie de routine, trouve un soir en rentrant chez lui un jeune homme qui l’attend. Il se dit poète et prétend avoir déniché un vieux livre les Promenades écrit par Saxberger des décennies auparavant. Il brûlait d’envie de faire la connaissance de celui qu’il considère comme un Maître.

Saxberger, qui a presque oublié qu’il a un peu écrit dans sa lointaine jeunesse, est surpris, puis amusé. Et même flatté quand le jeune homme l’invite à le rejoindre un soir dans un des Kaffeehäuser de Vienne où se réunissent régulièrement ses amis, un cercle de jeunes poètes qui porte le joli nom de Begeisterung (Exaltation). Le vieux monsieur est accueilli avec respect et admiration et ne peut bientôt plus se passer de cette ambiance. A ses risques et périls.

Se mêle également au groupe une femme, comédienne sur le retour, probablement inspirée à Schnitzler par l’une de ses maitresses.

Le vieux poète déchante finalement lorsqu’il saisit une remarque désobligeante de la part d’un de ces jeunes excentriques, la réflexion “ Pauvre diable “ lâchée par l’un d’eux, le ramenant durement à la réalité et lui renvoyant sa vieillesse en plein visage  comme un fléau irrémédiable.

Le jeune homme confesse enfin la supercherie et qu’aucun membre du cénacle, y compris lui-même, n’a jamais lu les Promenades

Gloire tardive

Ce retour de jeunesse chez un vieillard n’est pas sans rappeler La Mort à Venise de Thomas Mann. Arthur Schnitzler analyse ici avec finesse et indulgence la tentation dangereuse de rajeunir, et son trop prévisible échec. Et il épingle au passage un milieu littéraire où règnent de jeunes ambitieux sans grand talent, mais fort habiles à assurer ce que nous appellerions aujourd’hui leur communication.

Authume (Jura) – 11 septembre 2017

Sobre et utile, le marque-page à mon image…

Michel Brignot – Ecrivain

Adios Hemingway de Leonardo Padura

Edité en 2007. Cuba.

Leonardo Padura

Dans le jardin de la Finca Vigia, la maison-musée d’Ernest Hemingway, on déterre un cadavre portant l’insigne du FBI. Ce cher Ernest serait-il l’assassin ? Pas facile d’enquêter après tant d’années, surtout sur un écrivain de cette stature, qui vous inspire des sentiments ambigus d’admiration et de haine. Mario Conde, l’ancien flic, prend son courage à deux mains et exhume le souvenir de ce monstre sacré, généreux, odieux, inoubliable.

Leonardo Padura donne ici la parole à l’écrivain et à tous ceux qui l’ont connu lors de son séjour à La Havane pour faire de ce roman un hommage biographique posthume à Papa, celui qui est devenu un mythe sur l’ile. Cette enquête n’est en fait qu’un prétexte pour nous emmener sur les traces du vieil homme grand amateur d’armes et de combats de coqs. déclinant et se sentant gagné par la maladie. Le policier retrouve et interroge quelques survivants nostalgiques de cette époque pour lesquels la culpabilité d’Hemingway parait impossible. Certes, il était volontiers irascible et fougueux mais savait aussi se montrer tellement généreux. Et si tous s’était trompé sur la véritable personnalité d’Ernesto ?

Alors où s’arrête la réalité et où débute la fiction ?

Adios Hemingway

A vous d’en décider en suivant l’enquête de Mario Conde.

Merci à Eric Tavernier, récemment revenu de Cuba, de m’avoir fait découvrir ce roman.