Covid-19 Poésies

Covid-19 Poésies

Un recueil de poésies écrites dans l’atmosphère de la pandémie Covid-19. 19 poésies balayant l’actualité de la crise sanitaire et socio-économique qui a touché la France au printemps 2020.

Plus que des poésies, un regard sur ces journées vécues en tant que soignant et victime du Covid. Un témoignage. Une trace du passage du virus.

Livre broché – Format 12.7 X 20.32 cm – Couverture cartonnée brillante – 51 pages – KDP Éditions – Juillet 2020 – ISBN 978-2-9541857-2-9.

Covid-19 Poésies

« Il avait décidé de traverser les mers
D’aller tuer ailleurs, de ruiner d’autres terres
Ici, il a fallu réapprendre à s’aimer
À rire et à chanter, à croire, à espérer »

Pendant le premier semestre 2020, le virus Covid-19 a balayé la France d’Est en Ouest faisant plus de 30000 victimes. Michel BRIGNOT, médecin en Bourgogne Franche-Comté, a vécu la pandémie en tant que soignant et victime du virus. Dans ce qu’il a observé et dans ce que l’actualité lui a fourni au quotidien, il a trouvé l’inspiration pour écrire ces poésies.

19 textes, comme le Covid-19.

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Covid-19 Poésies – Michel BRIGNOT – Juillet 2020

Covid-19 Poésies

Un recueil de poésies écrites dans l’atmosphère de la pandémie Covid-19. 19 poésies balayant l’actualité de la crise sanitaire et socio-économique qui a touché la France au printemps 2020.

Plus que des poésies, un regard sur ces journées vécues en tant que soignant et victime du Covid. Un témoignage. Une trace du passage du virus.

Livre broché – Format 12.7 X 20.32 cm – Couverture cartonnée brillante – 51 pages – KDP Éditions – Juillet 2020 – ISBN 978-2-9541857-2-9.

Covid-19 Poésies

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La rançon du virus – Michel BRIGNOT – 12 juin 2020

Si la leçon pouvait servir à quelque chose…

Le désert d’après…

La rançon du virus

Tout s’écroule, tout se meurt, l’économie défaille
Une fois que des humains le virus s’est lassé
Il poursuit son chemin, grand voleur, vile canaille
Qui ne laisse plus un sou après être passé

Les états sont ruinés, fauchés comme les blés
Qui n’est pas mort hier succombera demain
De famine, de misère, place à la pauvreté
Il y a maintenant pour mille ce qu’il y avait pour un

Une autre maladie s’abat sur les pays
Qui ont du emprunter, se coller des crédits
Sur le dos, les banquiers travaillent jours et nuits
Pour vendre de l’argent même aux plus démunis

Quand Covid sera loin, qu’on l’aura oublié
Il nous restera encore quelques pensées funestes
Pour ce virus infâme qui deux fois aura tué
Une fois par la fièvre, des temps modernes peste

Une autre fois, vorace, en vidant les trésors
En saignant les nations pour n’en laisser plus rien
Il y aura des cailloux quand il y avait de l’or
Les hommes devront apprendre à vivre un peu moins bien

À retrouver le gout des joies originelles
À fondre de plaisir devant un fruit bien mûr
À succomber mollement à cette voix qui appelle
À admettre que moins bien c’est tellement mieux que rien.

Michel BRIGNOT – Authume – 12 juin 2020

Les poils des confinés – Michel BRIGNOT – 6 juin 2020

Les effets collatéraux du confinement pendant la pandémie Covid. C’est pour rire…

Les poils des confinés (déconfinés)

Depuis que les visages du monde ont disparu
Qu’avec les yeux des autres on doit faire bon ménage
Plus de poilus, barbus, hirsutes et moustachus
Les mentons sont cloitrés, enfermés dans des cages

Les bouches sont voilées, étouffées sous un drap
Ne savent plus bailler, parler, rire et crier
Les narines sont privées du plaisir, de la joie
De humer les aromes, les fragrances renifler

Derrière les masques se cachent des systèmes pileux
Des fournis, des touffus, d’autres plus désertiques
Qui ne nous sont plus rien, est ce un jeune ou un vieux
Celui dont la moitié de face nous fait la nique

Tout le monde se ressemble, le masque nous rend glabre
Le tissu nous fait tous des mentons plus que doux
Et des joues aussi lisses que la surface du marbre
Plus de barbes fournies, de poils noirs, blancs ou roux

Lorsque l’heure sonnera d’abattre cet écran
Il y aura de nouveau devant nous des humains
Poilus, barbus, hirsutes, il sera alors temps
De confier ces tignasses aux impatientes mains

Du coiffeur dont les lames, ciseaux fous et rasoirs
Seront restées longtemps planquées et confinées
Le barbier libéré, des fourmis dans les doigts
Se fera une joie de tout égaliser.

Michel BRIGNOT – Authume – 6 juin 2020

Le masque et la plume – Michel BRIGNOT – 28 mai 2020

Ça pourrait être le début d’un livre, le point de départ de quelques poésies covidiques…

Le masque et la plume

Le masque et la plume

Touché par le Covid, inspiré par une muse
L’envie de faire des vers s’est emparée de moi
Sans malice, sans calcul, sans faire preuve de ruse
Elle s’est jetée sur moi au plein cœur du débat

Tant qu’à être malade, autant en profiter
Pour parler de la vie avec des mots nouveaux
Si au moins le virus avait quelque bonté
Qu’il me donne l’esprit d’écrire comme Hugo

Malade ou bien portant, n’est pas Victor qui veut,
Car il ne suffit pas d’héberger un virus
Pour qu’aussitôt la prose devienne vers gracieux
Pour que parlent d’une voix Bérénice et Titus

Courts vers de mirlitons, copieux alexandrins
Il y en a pour tous les goûts au banquet des poètes
Longues strophes sans fin, plus ramassés quatrains
Chaque ligne se déguste jusqu’à la dernière miette

Et qu’importe le ver, pourvu qu’on ait l’ivresse
Le visage découvert ou caché sous un masque
Le poète s’emploie, fidèle à sa promesse
À faire parler sa plume, se permet quelques frasques.

Michel BRIGNOT – Authume – 28 mai 2020

Le Covid et la Covid – Michel BRIGNOT – 14 mai 2020

Doit-on dire le Covid ou la Covid ?

Le Covid et la Covid

Covid, virus, tu es du genre masculin
Maladie, tu te pares d’un style tout féminin
Quel est donc cet intrus qui cherche ainsi son sexe
Gare si tu l’apostrophes à ce qu’il ne se vexe
Si tu l’appelles Monsieur alors que c’est Madame
Qui te fait les doux yeux, crains fort qu’elle ne s’alarme
Si tu lui dis Madame alors que c’est Monsieur
C’est tout aussi risqué, ça n’est pas beaucoup mieux
Jusque là, on s’était bêtement contenté
De n’user que du le aussi bien pour parler
De l’infâme bestiole que de ses vils outrages
Sachez que maintenant, place à un nouvel âge
Pour le virus, dire, tiens mais c’est le Covid
Et pour la maladie, j’ai chopé la Covid
Si ces petits détails de sourcilleux linguistes
Vous tapent sur les nerfs, vous font pousser des kystes
Faites comme il vous plait, je ne suis pas certain
Que ces dissertations émeuvent les humains.

Michel BRIGNOT – Authume – 14 mai 2020

À fleurs ou à carreaux – Michel BRIGNOT – 9 mai 2020

Les masques, ces Arlésiennes de l’épidémie de Covid. On en parle beaucoup, mais on ne les voit jamais…

À fleurs ou à carreaux

Personne n’existe plus, il n’est plus de visage
Plus de nez, de sourire, de fossette, de menton
Depuis que le Covid a marqué son passage
De règles et de contraintes, de lois et de sanctions

Chacun doit se planquer derrière son bouclier
De plastique, de papier, chirurgical ou non
Faute de mieux, on découpe un pan de tablier
Pour s’en faire un rempart à l’abri du démon

Ça tient sur les oreilles avec des élastiques
Eux aussi fabriqués avec des chutes de rien
Ou un vulgaire lacet, fixation pathétique
Qui lâche dès qu’il le veut, indiscipliné lien

Les humains sont devenus des vitrines sur pattes
Exhibant des tissus à fleurs ou à carreaux
À rayures ou à pois, unis ou disparates
Image de celui qui s’en fait un drapeau

Pour nous autres soignants, au cœur de la bataille
On ne les voit jamais, on nous en parle sans cesse
Les masques sont l’Arlésienne de cette belle pagaille
Sans eux, pas d’autre choix que de serrer les fesses

On devra s’habituer à parler à quelqu’un
Dont le visage n’est rien en dehors de ses yeux
Est-ce Bernard, Paul, Alexandre ou Alain
Celui qui devant moi peut-être est contagieux ?

Le Covid, non content de tuer nos semblables
Nous a aussi réduit à l’état de moitiés
De visages, de sourire devenus incapables
Tristes marionnettes au rictus de papier.

Michel BRIGNOT – Authume – 9 mai 2020

Asthénie – Michel BRIGNOT – 1er mai 2020

Merci au Covid pour cette magnifique fatigue qui dure depuis plusieurs jours…

Asthénie

Au doux nom d’Asthénie, discrètement elle répond
À sa grâce féline, ses formes magnifiques
Je n’ai pu résister à l’idyllique vision
Aux accents de sa voix, à son charme angélique
Dès qu’elle m’a envouté, attrapé dans ses nasses
Mes forces m’ont quitté, ailleurs s’en sont allées
Mon courage s’est enfui, désertant ma carcasse
Pour partir en d’obscures volutes de fumée
Jusque là, j’étais vif, enjoué et plein d’entrain
Depuis qu’elle m’a séduit, je ne suis plus qu’un spectre
Sans cesse, je dois durement me botter l’arrière-train
Pour tout juste arriver à marcher quelques mètres
Je ne suis que mollesse, torpeur et apathie
Même mon tensiomètre n’est plus assez gradué
Pour mesurer le peu qui me reste de vie
Je n’ai même plus la force de me débarbouiller
Ma toilette est devenue une épreuve digne d’Hercule
Manger, boire, digérer, ne sont que pires besognes
Je n’ai plus gout à rien que de coincer la bulle
Ne rien faire que dormir sans craindre nulle vergogne
J’assure le minimum de mes besoins vitaux
Bientôt, je serai mort à force de paresse
Vivement qu’Asthénie desserre son garrot
Qu’elle s’en aille voir ailleurs, causer d’autres détresses
Si un jour je suis père, que j’hérite d’une fille
Je veillerai prudemment à lui choisir un nom
Qui ne me fatigue pas, j’éviterai Asthénie
Je l’appellerai Claire, Marie ou bien Lison.

Michel BRIGNOT – Authume – 1er mai 2020

Cure de rajeunissement – Michel BRIGNOT – 26 avril 2020

Cure de rajeunissement

Les experts sont formels et sont sûrs de leurs dires
Chercheurs et virologues, éminents professeurs
Le virus rend malade, affaiblit, fait mourir
Ils nous ont bien prévenus, il faut en avoir peur
Il s’en prend aux plus faibles et hâte leur vieillissement
Plaintes, déchirements, lamentations, soupirs
À chaque fois c’est toujours le même lot de tourments
On espère le meilleur, on bascule dans le pire
Ma vie est transformée car depuis quelques jours
J’ai changé de côté, j’ai franchi la barrière
Covid et positif, était-ce un mauvais tour
Je m’explique un peu mieux cette fatigue délétère
Ces sueurs, ces vertiges, ces claquements de dents
Cette tête en coton, cet embarras colique
Covid et positif, ça n’a rien d’étonnant
C’est un virus têtu, dissipé, frénétique
On m’avait informé, j’avais été prévenu
Si tu es Covid plus, tu vas prendre trente ans
Je n’ai pas tout compris, j’ai un peu attendu
Mais ça n’a pas marché, chez moi étonnamment
Le virus a produit un effet opposé
Je me suis senti drôle, tout d’un coup rajeuni
Ni douleur, ni raideur, et quant à ma santé
La bestiole, le vilain Covid l’a embellie
Depuis quelques années, j’étais en soixantaine
Grâce à cette infection et à ses accidents
On m’a très prudemment placé en quarantaine
Grâce à ce cher virus et à ses bons traitements
J’ai remonté le temps et j’ai gagné vingt ans.

Michel BRIGNOT – Authume – 26 avril 2020

Un cri sans retour – Michel BRIGNOT – 19 avril 2020

Ce texte m’a été inspiré par une nuit de garde dans une Unité Covid…

Un cri sans retour

La nuit s’en va, le jour est là
J’ai peu dormi, je me sens las
Un feu perfide me brûle les yeux
Je me trouve faible, trop vite trop vieux
Le mur strié de longues bandes
Du soleil, les stores ne me rendent
Que l’ombre fine de leurs lamelles
Que de modestes pans de ciel
Je sors du ventre des ténèbres
De ce royaume où le funèbre
L’emporte sur la rage de vivre
Où Covid s’acharne à poursuivre
Les plus fragiles, les moins chanceux
Méchant virus, fourbe et hargneux
Champion du monde de l’hécatombe
On compte les morts, on creuse les tombes
Je rejoins le monde des vivants
Dehors, c’est tellement différent
Tout est inerte et ralenti
Mais au moins, il y a de la vie
Même si partout, c’est confiné
Au moins, les hommes sont protégés
J’émerge du domaine de la mort
Las et fourbu, je fais l’effort
Seul, loin de tout, je lâche un cri
J’exhale l’horreur, j’aspire la vie
Ne me revient qu’un écho vide
Celui de ce fichu Covid.

Michel BRIGNOT – Authume – 19 avril 2020

L’animal de compagnie – Michel BRIGNOT – 23 avril 2020

Décidément, ce Covid n’a pas fini de m’inspirer d’autant qu’il est maintenant devenu très proche…

L’animal de compagnie

Depuis des années j’en rêvais
À poils, à plumes, petit, mignon
Ou plus massif, cheval de trait
J’aurais parlé au maquignon
Il m’aurait fait son boniment
C’était le meilleur de sa race
Oui c’était lui assurément
Celui à la blonde tignasse
C’était un vrai, un bon Comtois
Qui ne regarde pas à la tâche
Qui t’obéit à l’oeil, au doigt
Avec lui, jamais tu ne te fâches
Il te déplace des montagnes
Il tire des grumes à travers bois
Il est royal, rien d’une cagne
Et tu peux même, tu as le droit
Si tu rêves de t’y installer
Sur son dos poser ton séant
Aller une heure te promener
Pas trop loin, jusque vers l’étang
N’oublie pas qu’on est confiné
Qu’il faut veiller à ne pas franchir
Les limites que la société
Nous impose, qu’on n’aille pas dire
Il a triché, il a volé
Il n’a pas pensé au virus
De l’espace, de la liberté
Il a profité tant et plus
Depuis des années j’en rêvais
D’un animal de compagnie
À poils, à plumes, ni beau, ni laid
Qu’il apporte juste de la vie
Ça m’aurait aidé à passer
Ce sale moment du confinement
Ça m’aurait changé les idées
J’aurais vécu différemment
Ces journées où tout est pesant
Où l’envie soudain nous étreint
De traverser un océan
De sauter dans le premier train
À croire qu’il lit dans mes pensées
L’autre là-haut, le bricoleur
Comment a-t-il pu deviner
Ce qui devait faire mon bonheur ?
Ça y est, j’ai enfin hérité
D’un animal de compagnie
Ni poils, ni plumes, ni beau, ni laid
D’une espèce commune aujourd’hui
C’est un virus, c’est un Covid
Lui et moi nous cohabitons
Il parle peu, du genre timide
Mais je le sens taquin, fripon
Il ne manque pas une occasion
De me rappeler son existence
En me titillant le côlon
En me faisant perdre les sens
Depuis des années j’en rêvais
D’un animal de compagnie
Mais j’aurais préféré de loin
Un chat, un chien, un canari
Un Covid, c’est pas très sérieux
Ça ne t’apporte que des soucis
Ça n’est même pas doué pour les jeux
Ça ne te fait que des ennuis
Sans compter que personne n’en veut
J’en ai parlé autour de moi
Chacun s’en moque, détourne les yeux
Fait comme s’il ne m’entendait pas
Sauf un qui très timidement
M’a dit, tiens mais oui, pourquoi pas ?
Tu devrais aller voir ces gens
Demande donc à la SPA.

Michel BRIGNOT – Authume – 23 avril 2020

Privée de Pâques – Michel BRIGNOT – 12 avril 2020

Petite poésie avec un coloriage de Pâques pour les plus jeunes
Privée de Pâques

Pourquoi pleures-tu petite Clochette ?
Quelle est la cause de ta tristesse ?
Je suis toute seule sans mes soeurettes
Confinée, c’est là ma détresse
Elles m’ont quittée et sont parties
Rejoindre toutes leurs semblables
À Rome pour la cérémonie
Sans elles, je suis bien incapable
D’y aller seule sans m’égarer
Sans me tromper de direction
Maudit Covid, je suis lâchée
Condamnée à la réclusion
Pour Pâques, je ne verrai pas Rome
Et je serai privée de psaumes.

Michel BRIGNOT – Authume – 12 avril 2020 – Dimanche de Pâques