L’animal de compagnie – Michel BRIGNOT – 23 avril 2020

Décidément, ce Covid n’a pas fini de m’inspirer d’autant qu’il est maintenant devenu très proche…

L’animal de compagnie

Depuis des années j’en rêvais
À poils, à plumes, petit, mignon
Ou plus massif, cheval de trait
J’aurais parlé au maquignon
Il m’aurait fait son boniment
C’était le meilleur de sa race
Oui c’était lui assurément
Celui à la blonde tignasse
C’était un vrai, un bon Comtois
Qui ne regarde pas à la tâche
Qui t’obéit à l’oeil, au doigt
Avec lui, jamais tu ne te fâches
Il te déplace des montagnes
Il tire des grumes à travers bois
Il est royal, rien d’une cagne
Et tu peux même, tu as le droit
Si tu rêves de t’y installer
Sur son dos poser ton séant
Aller une heure te promener
Pas trop loin, jusque vers l’étang
N’oublie pas qu’on est confiné
Qu’il faut veiller à ne pas franchir
Les limites que la société
Nous impose, qu’on n’aille pas dire
Il a triché, il a volé
Il n’a pas pensé au virus
De l’espace, de la liberté
Il a profité tant et plus
Depuis des années j’en rêvais
D’un animal de compagnie
À poils, à plumes, ni beau, ni laid
Qu’il apporte juste de la vie
Ça m’aurait aidé à passer
Ce sale moment du confinement
Ça m’aurait changé les idées
J’aurais vécu différemment
Ces journées où tout est pesant
Où l’envie soudain nous étreint
De traverser un océan
De sauter dans le premier train
À croire qu’il lit dans mes pensées
L’autre là-haut, le bricoleur
Comment a-t-il pu deviner
Ce qui devait faire mon bonheur ?
Ça y est, j’ai enfin hérité
D’un animal de compagnie
Ni poils, ni plumes, ni beau, ni laid
D’une espèce commune aujourd’hui
C’est un virus, c’est un Covid
Lui et moi nous cohabitons
Il parle peu, du genre timide
Mais je le sens taquin, fripon
Il ne manque pas une occasion
De me rappeler son existence
En me titillant le côlon
En me faisant perdre les sens
Depuis des années j’en rêvais
D’un animal de compagnie
Mais j’aurais préféré de loin
Un chat, un chien, un canari
Un Covid, c’est pas très sérieux
Ça ne t’apporte que des soucis
Ça n’est même pas doué pour les jeux
Ça ne te fait que des ennuis
Sans compter que personne n’en veut
J’en ai parlé autour de moi
Chacun s’en moque, détourne les yeux
Fait comme s’il ne m’entendait pas
Sauf un qui très timidement
M’a dit, tiens mais oui, pourquoi pas ?
Tu devrais aller voir ces gens
Demande donc à la SPA.

Michel BRIGNOT – Authume – 23 avril 2020

Privée de Pâques – Michel BRIGNOT – 12 avril 2020

Petite poésie avec un coloriage de Pâques pour les plus jeunes
Privée de Pâques

Pourquoi pleures-tu petite Clochette ?
Quelle est la cause de ta tristesse ?
Je suis toute seule sans mes soeurettes
Confinée, c’est là ma détresse
Elles m’ont quittée et sont parties
Rejoindre toutes leurs semblables
À Rome pour la cérémonie
Sans elles, je suis bien incapable
D’y aller seule sans m’égarer
Sans me tromper de direction
Maudit Covid, je suis lâchée
Condamnée à la réclusion
Pour Pâques, je ne verrai pas Rome
Et je serai privée de psaumes.

Michel BRIGNOT – Authume – 12 avril 2020 – Dimanche de Pâques

La vérité du confit – Michel BRIGNOT – 11 avril 2020

En cette période trouble d’épidémie Covid et de grand confinement, qu’il me soit permis de rendre hommage au confit…

La  vérité du confit

Qu’il soit d’oie, de canard
Du Gers ou de Toulouse
Le confit est un art
Celui de mon épouse
D’entre tous est le roi
Son parfum est divin
Et me met en émoi
C’est vrai, je ne sais rien
De mieux que cette gâterie
Qu’elle aime à préparer
Avec tout son génie
Qu’elle m’offre avec bonté
Et lorsqu’on me demande
Est-il un aliment
Qui vaille une légende ?
Je réponds prestement
Il n’est pas dans la vie
De plus exquis tourment
Qu’un succulent confit
Car pour cet aliment
Tout n’est que  vérité
Et très honnêtement
Jamais, au grand jamais
Un bon confit ne ment…

Michel BRIGNOT – Authume – 11 avril 2020