Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel

Edité en 2017. France

Prix Médicis 2017

Yannick Haenel

C’est un livre fou, génial, addictif et sombrement poétique. L’alcool coule à flots et les phrases pétillent. Avec Tiens ferme ta couronne, l’auteur tient son odyssée. Une odyssée à la poursuite de Herman Melville, de Michael Cimino, d’un dalmatien nommée Sabbat, de la déesse Diane et de tant d’autres.

Cette histoire délirante est d’abord celle d’un scénario impossible écrit par un écrivain prénommé Jean et qui pourrait bien ressembler à Haenel. Un double putatif qui mis des années à écrire The Great Melville, un biopic sur l’auteur de Moby Dick. 700 pages, un angle particulier pour un film forcément à gros budget. Tous les producteurs contactés, aussi attentifs soient-ils, refusent de prendre le risque.

Sans compter que l’écrivain est un piètre vendeur de son projet. Quand on lui demande de quoi traite ce scénario, il répond : « De l’intérieur mystiquement alvéolé de la tête de Melville » (une référence à la baleine) et se demande si c’est le mot mystiquement ou alvéolé qui provoque la stupeur, sans penser que les deux termes associés font encore plus peur.

Tiens ferme ta couronne

Pour notre ami, un seul réalisateur peut le comprendre et aimer ce scénario insensé: Michael Cimino, celui du Voyage au bout de l’enfer, de La Porte du paradis et de The Sunchaser. « Oui, Cimino, à travers ses films, (…) explorait l’échec du rêve américain, la manière dont cette nation faite de toutes les nations, cette terre d’émigrés qui promettait de devenir le pays de tous les immigrés, une sorte d’utopie des minorités telle que précisément on la perçoit dans les romans de Melville, s’était retournée contre l’idée même d’émigration universelle et avait systématiquement écrasé ceux qui s’obstinaient à en poursuivre le rêve, c’est-à-dire avant tout les pauvres. »

Yannick Haenel, né le 23 septembre 1967est un écrivain français, co-fondateur de la revue Ligne de risque.

Petit abécédaire de mes premiers émois

Recueil de nouvelles – Préface d’Albert Meney – Editions du Chemin Blanc – 176 pages – 21 X 16 cm – ISBN 9782954185712 – Frais de port gratuit. Disponible auprès de l’auteur, sur le site et dans les librairies régionales.

Petit abécédaire de mes premiers émois

Des souvenirs d’une enfance dijonnaise présentés sous forme de très courtes nouvelles.

Ces premiers émois évoquent une période qui pourra sembler démodée aux plus jeunes mais qui rappellera leur quotidien de l’époque aux lecteurs un peu plus âgés.

Ces souvenirs sont ici traités avec humour ou émotion et présentés sous la forme d’un petit abécédaire agrémenté de quelques citations ou définitions.

Le monde changera un jour

Le monde changera un jour

Recueil de nouvelles – Editions Souffle Court et Quart Monde – 2017 – 426 pages – Couverture cartonnée – Format 10,5 X 15 cm.

Ouvrage collectif de 30 auteurs – ISBN 9791095642060 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Le monde changera un jour

“L’aigle et l’oisillon“ de Michel Brignot.

Un ensemble de textes sur le thème de la précarité et des difficultés à communiquer.

Ils croyaient qu’on n’arriverait pas à se parler. Ils en ont fait tous, une histoire…

Humeurs d’alambics, distillation en Franche-Comté

Humeurs d’alambics, distillation en Franche-Comté

Textes de Michel Brignot – Photographies de Jérôme Genée.

Préface de Michel Vernus.

144 pages – Edité en 2017 – Couverture cartonnée avec jaquette – Format 28 X 28 cm  – ISBN 9782955475317 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Sortie le 20 février 2017.

Humeurs d'alambics, distillation en Franche-Comté
Humeurs d’alambics, distillation en Franche-Comté

A travers ces images et ces textes, les auteurs vous invitent à une découverte du monde de la distillation en Franche-Comté et à une flânerie dans ses coulisses. Fruits, plantes, grains, hommes se rencontrent ici pour succomber aux chaudes humeurs des alambics.

Préface de Michel Vernus

Ces “Humeurs d’alambics“, images et textes, permettront aux lecteurs de humer délicatement et précieusement tous les alcools qui sont produits dans notre généreuse région comtoise. L’ouvrage ainsi comble une absence. Certes le vin, l’imaginaire du vin, ont inspiré quantité de belles pages, mais l’alcool, l’imaginaire de l’alcool, en tout cas dans notre région, ont été souvent oubliés. Seule la fameuse fée verte, l’absinthe, a réussi à mobiliser quelques plumes et quelques créateurs d’images. A côté des vins, des fromages, des fumés, les alcools trouvent enfin leur livre d’or. Toute la gamme y est somptueusement magnifiée : alcool de vin, de fruits, de plantes diverses ou de grains.

Qu’on ne s’y trompe pas ! on ne trouvera pas dans ces pages un manuel contenant des secrets de fabrication ou un ouvrage purement et sèchement technique. En revanche, une joyeuse exaltation des savoir-faire est généreusement offerte au lecteur. Au milieu de tous les objets qui environnent l’alambic, la main habile du producteur et du fabricant trouve d’une manière fort heureuse une place centrale.

Si l’alcool, comme on le dit généralement, délie les langues, ici, il est l’occasion de démultiplier les images. Celles-ci éclaboussent de lumière ou au contraire caressent amoureusement les objets, elles donnent aux choses leur poids de réalité bien concrète : les fruits dans leur pureté naturelle sont là, comme les futailles sagement alignées, de même que les flacons et les bouteilles translucides, et les cuivres qui rayonnent de toutes leurs panses métalliques de matière rouge. Les vanneries admirablement tissées matelassent de leurs couches protectrices couleur de paille les bonbonnes à anses qui recueillent les précieux liquides. Les photographies saisies par l’œil curieux de l’homme de l’art apte à fixer le détail signifiant, font reluire les regards et, ce faisant, illuminent les esprits dans une véritable ivresse colorée.

Au pied de l’alambic, l’alcool a à faire, ô combien avec le feu !, l’un et l’autre sont liés avec leurs mystères, l’un et l’autre offrent leurs symboles ambigus de mort ou de vie. Le vocabulaire du feu est employé par les poètes pour évoquer l’alcool : il “brûle“ le corps et “embrase“ l’âme disent-ils. Tant il est vrai que la densité symbolique du vin et de l’alcool plonge ses racines dans une culture plus que millénaire. Et pendant ce temps, sur la page illustrée grande ouverte, l’eau de vie bouillante s’écoule en un filet mince et limpide légèrement torsadé, comme une eau pure, mais les vapeurs de l’alcool sont bien présentes.

L’ouvrage reluit tout entier d’une poésie tantôt douce, tantôt éruptive à la manière du cuivre aux couleurs étouffées ou flamboyantes. Ici, ce n’est point l’alcool lourd et vulgaire de l’ivrognerie qui est évoqué, tout au contraire l’alcool y est célébré dans sa joyeuse et festive légèreté.

Dans tout l’ouvrage, comme dans un verre brisé aux mille éclats de soleil, les images irradient les textes de leur luminosité poétique.

Ces pages sont à voir et à boire pour rêver.

Elles sont à lire dans une sorte de dégustation visuelle propre à nous porter et nous emporter dans une douce ivresse de beauté, de couleur et de lumière, sans la contrainte redoutée de quelque “alcooltest“ !

Mémoire d’aviron

Mémoire d’aviron

Textes de Michel Brignot – Photographies d’Anthony Benoit.

Préface de Jean-Christophe Rolland, président de la Fédération Internationale des Sociétés d’Aviron.

Editions de La Passerelle – 2016 – 256 pages – Couverture cartonnée avec jaquette – Format 27 X 21 cm – ISBN 9782953204674 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Sortie le 14 avril 2016.

Mémoire d'Aviron

Mémoire d’aviron

Sans les rivières, les lacs et les bassins consacrés à sa pratique, l’aviron ne serait pas ce qu’il est tant les lieux que fréquentent les athlètes sont intimement liés à leur destin. De Henley au Rotsee, du Bosbaan au lac de Karapiro, de la rivière Charles au lac de Bled, de l’écrin d’Aiguebelette au bassin de Plovdiv, tous ces noms chantent aux oreilles des initiés ou des amateurs de rames. Des lieux où s’est écrite l’histoire de l’aviron et où quelques rameurs sont entrés dans la légende.

La plume de Michel Brignot sert ici les images d’Anthony Benoit pour vous faire revivre ou découvrir quelques-uns de ces moments saisis depuis la berge ou même sur l’eau. Là où les hommes se retrouvent pour ramer, se nouent parfois de belles et surprenantes intrigues.

Michel Brignot et Anthony Benoit ont également mis en scène les embarcations, fidèles complices et compagnons de chaque instant des rameurs. Mais cette dualité n’est pas naturelle. Elle est le fruit d’un apprentissage acharné et d’un travail de longue haleine. Le bateau, d’abord farouche et indocile monture, devient peu à peu l’instrument privilégié des athlètes qui le domptent pour glisser au fil de l’eau, se mesurer à eux-mêmes, puis à leurs concurrents. Qu’il soit à terre ou sur l’eau, il nous conte son histoire. Il nous parle à sa façon de son quotidien avec les hommes, de toutes ces heures vécues ensemble à construire un avenir et bâtir une amitié. Car sans son bateau, le rameur n’est rien. Mais l’inverse est tout aussi vrai, tant rameurs et bateaux sont indissociables.

Bassins et bateaux vous sont présentés ici à travers des images et des textes qui sont à chaque fois une belle page de vie.

Préface de Jean-Christophe Rolland

Président de la Fédération Internationale des Sociétés d’Aviron

Mémoire d’aviron

Y avait-il plus belle manière de présenter l’aviron que de s’intéresser aux lieux où il se pratique et aux humains qui le font vivre ? C’est ce défi qu’ont voulu relever Michel Brignot et Anthony Benoit qui se sont rencontrés au bord des bassins d’aviron. Le premier, médecin de l’équipe de France d’aviron, a assouvi ici sa passion de l’écriture. Le second, ancien barreur international, s’est adonné à l’exercice de la photographie qu’il affectionne. Le résultat, c’est ce très bel ouvrage dans lequel vous sont livrées les atmosphères si particulières des bassins d’aviron ainsi que des portraits de rameurs dans la pratique de leur art.

Je souhaite le meilleur accueil possible de ce livre par le public. Nul doute que sa lecture servira la promotion de notre très beau sport et donnera envie de le découvrir au plus grand nombre par delà les frontières.

Hors du bocal

Hors du bocal

Recueil de nouvelles – Editions Lulu – 2008 – Couverture cartonnée – Format 15,5 X 23 cm – 142 pages – ISBN 9781409240457 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Hors du bocal

“De l’aquarium à la vie terrestre“

Recueil de nouvelles édité en 2008.

Des souvenirs d’une enfance dijonnaise évoquée avec humour et émotion.

Préface d’Albert Meney, instituteur de l’auteur dans les années 1960.

“Pas simple de découvrir un monde nouveau, à peine sorti de son bocal post-utérin… Celui de notre planète vue par un apprenti Terrien. Un regard parfois grinçant, plus souvent émouvant, émerveillé et plein d’une certaine poésie. Où l’on comprend mieux qu’il est difficile de grandir… Des petites touches de mémoire sous forme de courtes nouvelles.“

Préface d’Albert Meney

“Pour nous raconter son enfance, Michel BRIGNOT a choisi un titre qui peut nous surprendre : “Hors du bocal“. C’est bien là, en effet, l’évènement capital, non sans danger, qui nous renvoie une humanité très diverse.

Cela fait penser à cet homme préhistorique qui, à sa façon, se libère de son environnement. Il prend place parmi les Terriens et va affronter d’infinies difficultés.

Danièle et son frère vont cheminer dans une famille qui nous est présentée avec un style de bon aloi, dans un vocabulaire précis jusqu’au plus petit détail, avec aussi beaucoup d’imagination.

On y découvre des sentiments multiples. Pour n’en citer que quelques-uns, la naïveté de l’enfant au Ballon d’Alsace, la timidité de ce petit garçon qui parlait difficilement, sa poésie lorsque le plateau de fromages devient à ses yeux un village.

Voici quelques exemples, au milieu de beaucoup d’autres, qui vous inciteront à lire cet ouvrage, mémoire bien écrit, souvent humoristique.

Michel BRIGNOT a su trouver le ton juste pour restituer le souvenir, l’authenticité des émotions et rendre ainsi hommage à ceux qui l’ont  aidé à grandir.“

Albert MENEY – Dijon – Mars 2007 (Instituteur du jeune Terrien – Ecole Chevreul – Dijon – 1966 à 1968)

Morrison’s Jig

Morrison’s Jig

Roman – 2012 – 238 pages – Couverture cartonnée – Format 13 X 20 cm – ISBN 97829541857005 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Morrison’s Jig

Sortie en juin 2012 de mon troisième livre et premier roman “Morrison’s Jig“.

Un polar obscur (ou plutôt mal éclairé) dont l’intrigue traverse deux siècles et trois pays.

Eté 1976.

La canicule sévit sur la France.

Au large des Sept-Îles, près du phare des Triagoz, quatre jeune Irlandais profitent des plaisirs de la voile. Cette croisière leur réservera bien des surprises…

Quel lien unit Fresnel et Hamilton, physiciens français et irlandais du XIXème siècle ?

Que se trame-t-il derrière les hauts murs séculaires du Trinity College de Dublin ?

Montez à bord et laissez vous entraîner dans cette balade irlandaise au Nord de la Bretagne, sur les notes de Morrison’s Jig… et surtout, suivez la mouette !

“Au fil des pages“ – La chronique littéraire de Pierre Maire – Radio RCF Jura – 6 mars 2013

 “Un polar qui sort des sentiers battus. Un sujet original dans un style limpide. Lisez “Morrison’s Jig“, un roman d’un auteur dolois d’adoption. L’action se déroule au large des Sept-Îles. Elle met en scène quatre jeunes étudiants irlandais. Ceux-ci entreprennent un périple de Paimpol jusqu’au Nord de la Bretagne et cette croisière va leur réserver bien des surprises. Imaginez un vieux professeur de Physique d’une université irlandaise qui dénigre systématiquement dans ses cours un célèbre physicien, et pas n’importe lequel, le scientifique français du XIXème siècle Augustin Fresnel. Celui-ci est l’auteur de la théorie ondulatoire de la lumière et ses recherches l’ont amené à inventer, dans le domaine de l’Optique Appliquée, la lentille à échelons dite lentille de Fresnel. Cette lentille accroît le pouvoir de l’éclairage des phares maritimes et automobiles. Et bien, dans le roman qui a pour titre “Morrison’s Jig“, l’animosité de ce professeur irlandais est due au fait que Fresnel a usurpé selon lui sa renommée au détriment du savant irlandais Hamilton. Il n’a donc de cesse de rétablir la vérité, sa vérité, auprès de ses élèves et vouloir bien sûr venger Hamilton. Alors cette attitude va avoir des conséquences insoupçonnées. Ce roman a été publié en 2012. L’auteur en est Michel Brignot, un médecin franc-comtois d’adoption puisqu’il exerce à Dole depuis 1988. C’est son troisième ouvrage. Les deux premiers ont pour titre  “Hors du bocal“ et “Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans“. Pour en revenir à ce troisième roman “Morrison’s Jig“, la vindicte de ce professeur irlandais contre le savant français Fresnel avait au départ profondément irrité la direction de l’Université puis, à la longue, elle s’en était accommodée eu égard au passé prestigieux et au grand âge du professeur. Et puis, cette attitude amenait un peu d’originalité et de fantaisie dans l’établissement. Mais, ce que personne ne pouvait soupçonner, c’est l’influence que pouvait avoir cette attitude vengeresse du professeur sur certains de ses élèves. Alors nous sommes, dans le roman donc, dans l’été 1976, été de la canicule. L’action principale se passe en mer le long de la côte bretonne. Quatre jeunes irlandais, trois garçons et une fille, celle-ci fiancée à l’un d’eux, sont partis de Paimpol sur un voilier qui a été loué. Ils sont tous les quatre étudiants à l’Université d’Irlande, au Trinity College, dans la classe d’Optique du fameux professeur Irvine. Alors le bateau fend paisiblement les vagues, une brise timide, écrit l’auteur, gonflait sagement les voiles de Ferlas, c’est le nom du voilier. Atmosphère calme mais lourde à cause de la chaleur bien sûr. L’air est suffocant et difficile à respirer. Bref, on entre dans ce roman tranquillement comme sur une mer calme, une petite croisière paisible entre copains le long des côtes bretonnes. Un petit périple de Paimpol jusqu’au nord  de la Bretagne dans la région des Abers. C’est l’occasion de découvrir le phare des Triagoz équipé de lentilles Fresnel qui éclaire la nuit tout ce secteur et évite aux bateaux de s’échouer. Bien sûr, comme vous vous en doutez, on ne va pas en rester là. Même si la balade est agréable, également pour le lecteur, le drame va pointer son nez. Alors, on bascule dans le polar. L’ouvrage est très agréable à lire car le style est limpide. Les éléments indispensables pour entrer dans le récit et en suivre le déroulement se mettent en place naturellement dans le sillage du voilier. Avec des retours en arrière pour présenter les protagonistes et les liens divers qui les unissent. Comme le précise l’auteur, il ne s’agit pas d’un roman ou d’un polar historique. Fresnel est mort alors qu’Hamilton n’avait que 22 ans. Et le titre, pourquoi “Morrison’s Jig“ ? C’est tout simplement le titre d’un air traditionnel irlandais, la jeune fille étant férue de danse irlandaise. Tout cela vous est expliqué dans des notes qui sont les bienvenues en fin d’ouvrage. Son titre je le rappelle, “Morrison’s Jig“ de Michel Brignot aux Editions du Chemin Blanc. Et à travers ses œuvres, on sent bien là un passionné de la mer et de la voile.“

Pierre Maire

Dole (Jura) – 6 mars 2013

Michel Brignot présente “Morrison’s Jig“ et nous parle de sa passion pour l’écriture – Hebdo 39 – 4 septembre 2013 

Le pneumologue dolois Michel Brignot s’est depuis 5 ans découvert une vocation littéraire. Une révélation tardive mais affûtée…

CK. Michel Brignot, vous voilà embarqué pour une nouvelle aventure avec Morrison’s Jig, votre troisième livre mais premier roman. Comment êtes-vous venu à l’écriture ? En fait, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire, ayant subi l’influence bénéfique de mes instituteurs, notamment de mon instituteur de Cours Moyen de Dijon, que j’ai retrouvé 40 ans plus tard et qui m’a gentiment préfacé mon premier livre il y a 5 ans. Et puis de la lecture, j’ai eu envie de m’essayer à l’écriture, comme pour passer de l’autre côté de la page. D’abord en participant à quelques concours d’écriture, dont ceux notamment organisés par la Médiathèque de Dole ou le fameux concours international de fables de Sestri-Levante, ville italienne jumelée avec Dole et où a séjourné Hans Christian Andersen, pour finir par le dernier concours organisé il y a quelques mois par le magazine Participe Présent et où mon texte a été classé deuxième. Alors en 2008, j’ai sorti un premier recueil de nouvelles, “Hors du Bocal“, s’inspirant de souvenirs de ma petite enfance dijonnaise, rapidement suivi par un ouvrage mêlant des textes et des photos sur la mer. Ce n’est qu’en 2012 que j’ai sorti mon premier roman “Morrison’s Jig“. En fait, pour moi qui suis plutôt naturellement timide, l’écriture est un moyen de m’exprimer sans avoir à hausser le ton, me permettant aussi de poser correctement et sereinement mes mots.

CK. Vous êtes pourtant médecin, donc plutôt scientifique… Une dualité sensorielle ? C’est vrai que j’ai évidemment une formation scientifique qui m’a amené à la pratique de la médecine voici bientôt 30 ans mais en fait, je n’ai rien d’un “matheux“. Je me sent plutôt attiré par l’aspect humain de ma profession et tous les échanges que cela permet. Alors de là à m’ouvrir aux autres par l’écriture, le chemin n’était pas si long. Et puis, cet aspect hyper-technique et un peu froid de la médecine n’est pas celui qui m’attire le plus. Au lycée, j’aimais bien la littérature et la philo et en médecine, je ne brillais pas dans les matières réellement scientifiques telles la biochimie ou les statistiques. Sûrement ma partie littéraire enfouie au fond de moi et qui faisait de la résistance. Mon cerveau est toujours en travail et j’ai une aptitude particulière à relever les détails du monde qui m’entoure, que ce soit par la vue ou par l’audition. Le fait d’avoir une mémoire très affûtée aide bien sûr à ce genre d’exercice. J’en arrive ainsi à stocker la matière première qui alimentera mon écriture et me fera trouver les idées conductrices. Je suis aussi très attiré par toutes les formes de création artistique, que ce soit l’écriture, la peinture, la photographie, la musique mais étant personnellement très incompétent en musique, je me suis plus naturellement tourné vers l’écriture. De toute façon, on ne peut pas tout faire… Et puis j’ai aussi un engouement pour l’apprentissage des langues étrangères, plus pour leur musique et leur rythme que pour vraiment les pratiquer. Alors, il y a quelques années, j’ai appris l’Italien…

CK. Pourquoi avoir “délocalisé“ le lieu de l’intrigue, loin du Jura ? L’intrigue de “Morrison’s Jig“ se passe en mer au large de la Bretagne mais emmène aussi le lecteur jusqu’en Irlande et en Angleterre à deux siècles de nous. En fait, toujours du fait de mes observations, l’idée de départ m’est venue lors d’une de mes navigations à la voile, lorsque j’ai appris que la lanterne du phare des Triagoz, au large des Sept-Îles, avait été déposée et était en fait celle que j’avais admiré quelques années plus tôt dans le port de Lézardrieux près de Paimpol. De là cette intrigue policière dans laquelle je mets aussi en scène Augustin Fresnel, le père des phares modernes, en le confrontant à un autre scientifique de la même époque, l’irlandais Rowan Hamilton. Je me suis amusé à les rendre contemporains alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés… Je ne suis pas un écrivain régionaliste. Ca me semblerait difficile, étant Bourguignon d’origine, Franc-comtois d’adoption, Italien de coeur et Irlandais pour les atmosphères…

CK. Parlez-nous de votre technique d’écriture ? Vous êtes, paraît-il, tout sauf un spontané… Une fois que j’ai une idée de départ, je la travaille pour en faire une intrigue et une véritable histoire. Je fais alors un gros travail de documentation pour peaufiner mes personnages, les décors, l’époque, le cadre social ou historique. Bien sûr que je peux faire appel à ma mémoire ou mon vécu et décrire des situations ou des lieux que je connais comme dans “Morrison’s Jig“ mais l’histoire, elle, est toujours une vraie fiction. Pour bien connaître les acteurs de mes histoires et me les approprier, je travaille par fiches que je complète au fil de mes réflexions. Mes personnages prennent vie en même temps que la trame de l’histoire se précise. Lorsque tout cela est fait, je les lâche dans leur univers et là, je ne me consacre plus qu’à l’écriture tous les jours pour ne pas perdre le fil de mon histoire. Pour “Morrison’s Jig“, j’ai beaucoup travaillé sur la société française et anglaise de la fin du XVIIIème siècle et j’ai éprouvé un réel plaisir à ces recherches qui m’éloignaient de notre époque et de mon quotidien. En fait, j’ai plus “l’angoisse de la tête vide“ que celle de la page blanche… J’ai plutôt un style riche, minutieux, imagé, mais facile à lire aux dires de mes lecteurs. Donc effectivement, rien de spontané…

CK. Vous n’avez jamais pensé à vous lancer dans un ouvrage à thématique médicale ? A aucun moment, tellement les autres sujets sont nombreux et variés. Et puis l’écriture est aussi un refuge ou un moyen de déstresser de mes journées de médecine, une façon de découvrir d’autres horizons. Alors pour l’instant, je n’éprouve pas le besoin de m’enfuir de la médecine… dans la médecine.

CK. Des projets futurs ? D’autres chemins que vous souhaiteriez explorer ? Je travaille actuellement, lorsque mon emploi du temps me le permet, à rassembler des informations pour écrire un roman qui se passerait en Italie entre les années 30 et les années 80, une saga familiale sur fond de drame et d’intrigue romanesque. Je lis beaucoup sur l’Italie mussolinienne, la société italienne et d’autres choses que je ne peux pas dévoiler pour l’instant. Je pense que ce roman ne sera pas prêt avant fin 2014. J’ai aussi d’autres projets de nouvelles, de fables pour les enfants, peut-être une biographie historique et pourquoi pas une suite à “Morrison’s Jig“. J’ai encore du mal à me séparer des personnages de ce roman pour passer à autre chose mais je ne suis pas trop dans l’idée de rester dans une même thématique.

CK. On imagine que vous n’avez pas besoin de cela pour gagner votre vie. Finalement, pourquoi écrivez-vous ? C’est vrai que j’ai un métier qui me passionne, qui me prend beaucoup de temps et que je n’ambitionne pas de vivre de ma plume. Je ne ressens donc aucune pression et ne me fixe aucun rythme ou impératif de calendrier dans mes projets. Je me considère surtout comme un artisan qui éprouve beaucoup de plaisir à partager un bel objet avec ses lecteurs, un livre qu’on peut feuilleter et lire, et qui est né complètement de mon imagination et de mon travail. Et je trouve ça magique. Et puis, je suis encore plus admiratif de l’oeuvre et de la vie de certains écrivains qui savent rester modestes et accessibles. Alors, je crois que j’écris pour jouer avec les mots et leur donner un sens, et aussi pour faire un beau cadeau à ceux qui aiment me lire.

CK. Des regrets ou des souhaits ? Je pourrais regretter de ne pas m’être mis à l’écriture pour les autres plus tôt mais en fait, ma démarche a été progressive et, après de nombreuses années d’auto-écriture où j’ai été mon seul lecteur, les choses sont arrivées au moment où j’étais prêt. Je souhaite écrire le plus longtemps possible et pourquoi pas un jour partager mes textes avec d’autres artistes qui feraient des images…

Michel Brignot sera en séance de dédicaces à la Librairie des Arcades de Lons le Saunier le samedi 21 septembre 2013 entre 15 et 18h.

Cyril Kempfer – Hebdo 39 – 4 septembre 2013

Renaissances

Renaissances

Recueil de nouvelles – Editions Souffle Court – 2015 – Couverture cartonnée – Format 10,5 X 15 cm –  298 pages –  Recueil collectif de 22 auteurs – ISBN 9791095642008 – Frais de port gratuit – Disponible sur la boutique du blog.

Renaissances Editions Souffle Court
Renaissances
Editions Souffle Court

“Le mur d’en face“ de Michel Brignot.

J’ai écrit l’une des nouvelles qui a été retenue pour composer cet ouvrage.

L’histoire très insolite et très étrange de la rencontre improbable entre deux grands génies de l’image, un peintre flamand ressurgi du passé et un photographe américain plus contemporain.

De quoi redonner le goût à la vie à un artiste désabusé…

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

Textes et photographies de Michel Brignot – Editions Blurb – 2008 – 158 pages – Couverture rigide avec jaquette – Format 25 X 21 cm – Epuisé.

Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans

A travers ces quelques pages, j’ai eu à coeur de retracer ces deux semaines que j’ai passées aux Glénans sur le site de Paimpol en août 2008.

Des débuts dans le monde de la voile qui m’ont permis de découvrir un monde fascinant mais aussi des femmes et des hommes soucieux de transmetttre leur savoir et leur expérience du vent et de la mer, de côtoyer d’autres personnes qui, à mon image, n’avaient jamais mis le pied sur le pont d’un voilier ou n’avaient jamais encore osé lire les vagues ou déchiffrer le mouvement des voiles.

Des images superbes, des souvenirs inoubliables et finalement, une envie folle de repartir pour d’autres navigations.

La voile marquée d’une bande rouge, le signe de reconnaissance des Glénans.

Merci à tous les membres des Glénans pour leur patience et leur humanité.

Bonne lecture ou plutôt bon vent à tous dans cette navigation où les vagues du texte viennent se briser sur les écueils des images.