Quelle n’est pas ma joie de Jens Christian Grøndahl

Edité en 2016. Danemark

Tit er jeg glad

Jens Christian Grøndahl

Ellinor a soixante-dix ans. Elle vient de perdre Georg, son mari. Elle se raconte. Elle évoque le passé. Elle parle à sa meilleure amie Anna qui n’est plus, décédée quelques années plus tôt emportée par une avalanche dans les Dolomites en compagnie de Henning, le mari d’Ellinor, qui était son amant.

Après la mort accidentelle des deux amants, Ellinor et Georg, le veuf d’Anna, se sont reconstruit une nouvelle vie. Les deux amis se sont mariés. Ellinor a dû apprendre à vivre en essayant d’oublier la trahison de son mari et son infidélité, oublier aussi qu’il l’a délaissée pour sa meilleure amie. Et se bâtir une nouvelle famille avec les enfants de Georg, des jumeaux mariés et eux-mêmes parents.

Dans sa quête de démarrer une nouvelle vie, elle doit essayer de se mettre à la place de celle pour laquelle elle n’éprouve que rancoeur, agressivité et jalousie.

Ce livre est une apostrophe, à la fois exercice de deuil, de mémoire et de réflexion où Jens Christian Grøndahl traite du problème de la survie au delà de la trahison. Faire le deuil de l’autre et aussi du bonheur perdu.

Ellinor parle aussi de ses racines. Née de l’amour entre sa mère Sigrid et Thomas Hoffmann, un soldat allemand qui disparaitra sans connaitre son existence, Ellinor évoque la douleur de ces enfants qui ont dû apprendre à grandir dans une famille réduite à une mère seule reniée par ses propres parents. Elle en éprouve un regret tenace qui la tenaille sans cesse. Elle essaye de panser cette blessure en pensant fort en l’amour de ses parents. D’ailleurs les derniers mots de ce roman ne laisse aucun doute à ce sujet sur l’état d’esprit d’Ellinor.

« C’est la seule chose qui compte pour un enfant. Nous pardonnons à nos parents qu’ils nous oublient, à condition qu’ils s’aiment. J’y pense chaque fois que j’imagine Thomas Hoffmann avec ma mère, à la fin de l’été, sous la lune, près de la crique. »

Quelle n’est pas ma joie

Jens Christian Grøndahl est né à Copenhague en 1959. Il est aujourd’hui l’un des auteurs danois les plus célèbres et ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Ses romans parus aux Editions Gallimard, notamment Piazza Bucarest (prix Jean Monnet de littérature européenne 2007), Quatre jours en mars (2011) et Les Portes de Fer (2016), l’ont également fait connaitre en France.

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