Le silence même n’est plus à toi de Asli Erdoğan

Edité en 2017. Turquie.

Asli Erdoğan

Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Asli Erdoğan évoquait déjà ce lieu effrayant entre tous, le “Bâtiment de pierre” – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Asli Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.
Ce volume rassemble près d’une trentaine de chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Asli Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue.

“Les tribunaux sont des lieux froids et sinistres, ils nous offrent le spectacle d’une gigantesque prison d’où nul ne s’évade jamais“, écrit-elle tout en réglant son compte à la justice turque.

Avec des mots qui savent aussi attraper la poésie de l’actualité (“Comme si cette nuit allait sortir de ses gonds“, écrit-elle à propos de la nuit de la tentative de putsch), Asli Erdogan tente de combler, sinon de circonscrire l’absence laissée par le rapt en bonne et due forme, orchestré par l’État, de tout ce qui peut faire l’homme – l’égalité, la liberté, “le silence même (qui) n’est plus à toi“, comme le dit le titre du recueil dans un emprunt assumé au prix Nobel de littérature grec, le poète Georges Séféris.

Le silence même n’est plus à toi

Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le voeu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son oeuvre a droit de cité.

Asli Erdoğan, née le 8 mars 1967, est une romancière turque,  journaliste, militante pour les droits de l’homme, arrêtée le 17 août 2016 et emprisonnée dans la prison Bakırköy d’Istanbul, libérée le 29 décembre 2016. Elle est lauréate du prix Tucholsky 2016.

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