La nuit du bûcher de Sándor Márai

Edité en 1974. Hongrie.

Sándor Márai
Sándor Márai

Ce livre, publié en 1974, et écrit par Sándor Márai alors qu’il vivait en Italie, a en fait été réédité en version française en 2015.

L’intrigue commence à Rome en 1598. Un moine carmélite espagnol vient d’Avila pour passer quelques temps à Rome en vue de s’y instruire des méthodes utilisées par l’Inquisition italienne pour venir à bout des hérétiques et leur extorquer des aveux mais aussi leurs confessions pour leur épargner les tourments de la géhenne avant de les envoyer au bûcher. Il est en quelques sorte en stage de perfectionnement professionnel. Le moine passe 18 mois à Rome et suit toutes les étapes de l’initiation aux techniques italiennes. Il est habilement conseillé et épaulé dans sa quête de l’excellence. On lui présente les modes d’exécution, les giustizie et le travail des confortatori, ces hommes volontaires qui passent la dernière nuit avec le condamné la veille de son supplice, en usant de stratagèmes et d’arguments convaincants dans l’espoir de le faire revenir à de plus sages intentions et de laver son âme de toute noirceur. Un cardinal lui fait même part du manque d’efficacité des méthodes italiennes longues et coûteuses pour venir à bout de seulement quelques hérétiques et ébauche déjà le concept malheureusement visionnaire d’extermination ou d’exécutions collectives. Et finalement, il fait la connaissance de Giordano Bruno, moine dominicain hérétique qui ne s’est jamais repenti malgré sept années de prison et de tortures, avec lequel il passe sa dernière nuit sur terre. Le moine espagnol assiste impuissant aux ultimes tentatives des confortatori pour essayer de faire fléchir Giordano Bruno. Mais rien n’y fait. Au Campo de’ Fiori, celui-ci monte finalement au bûcher sur lequel il se consume en défiant jusqu’au bout ses accusateurs, étant presque étranger à tout ce qui lui arrive, ce qui sème le doute dans l’esprit de quelques notables ecclésiastiques romains qui se cachent bien de le montrer par peur d’être à leur tour victime de l’Inquisition. Le moine espagnol doit théoriquement quitter Rome pour retourner rendre compte à Avila de tout ce qu’il a vécu et appris, mais ses certitudes sont tellement ébranlées par l’attitude de Giordano Bruno qu’il finit par se défroquer et rejoindre la Suisse en pleine montée de la Réforme.

La nuit du bûcher

Ce livre, à travers cette intrigue historique, donne l’occasion à Sándor Márai, riche de son expérience du fascisme et du stalinisme qui l’a poussé à l’exil, de dénoncer tous les systèmes totalitaires politiques, idéologiques ou religieux.

Sándor Márai s’est donné la mort à San Diego le 22 février 1989 et a reçu le Prix Kossuth, la plus haute distinction hongroise, à titre posthume en 1990.

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