L’encre mauve de Florence Meney

Edité en 2015. Canada.

Florence Meney
Florence Meney

Ce fut pour moi une expérience étrange que de lire un polar écrit par la petite-fille d’Albert, mon vieil instituteur qui avait préfacé le recueil de nouvelles que j’avais sorti en 2007. Cette ancienne journaliste vit près de Montréal et n’en est pas à son coup d’essai.

L’encre mauve est probablement le seul roman (ou peut-être un des rares au monde) dont le texte est imprimé en deux couleurs, le noir classique que l’on connait et ce mauve très pâle qui attire le regard du lecteur et qui est la couleur de l’encre dans laquelle le juge Antoine Larivière a écrit ce manuscrit bizarre qu’il soumet à la lecture de Laura en lui présentant son projet de roman. La jeune femme travaille comme éditrice aux éditions Laflèche, dirigée depuis peu par le sinistre et incompétent Jean-Sébastien Laflèche qui veut révolutionner l’entreprise après avoir succédé à son oncle Aurélien brutalement décédé d’un accident cardiaque en pleine réunion de travail. Le manuscrit du juge Larivière, c’est l’histoire sombre et inquiétante d’un parasite, une araignée géante qui menace le lecteur, comme s’il y avait dans ces mots un message masqué que Laura ne parvient d’abord pas à déchiffrer.

Le roman de Florence Meney, c’est aussi l’histoire sordide du triple meurte qu’a commis Georges Gadbois, un membre éminent et compétent du service de sécurité du Québec, en tuant sauvagement sa femme et ses deux filles jumelles. Il est appréhendé et son procès doit être jugé par… Antoine Larivière qu’on retrouve au tribunal et qui suit les plaidoiries sans jamais se départir d’un timide sourire intriguant. Philippe Lécuyer est chargé de l’enquête pour tenter de comprendre ce qui a motivé le geste tragique de Georges Gadbois. Florence Meney nous emmène très habilement dans les arcanes du système judiciaire canadien, au coeur de cette affaire qui fait de Gadbois le coupable idéal, celui que toute la population québécoise  voudrait voir au moins condamné à la prison à vie et même à la peine capitale, tant cela semblerait la punition logique et minimale en regard de la faute qu’il a commise. Et Lécuyer, aidé de son collègue Dupin qui reprend du service, en vient à remuer le passé du juge Larivière dans lequel ressurgissent Aurélien Laflèche et sa femme Rose, ce juge dont les épouses successives sont toutes mortes curieusement de façon pas toujours très claire. Le Docteur Binet, ayant malhonnêtement prêté son concours au juge Larivière pour masquer le meurtre probable de sa première épouse, m’a rappelé un autre médecin du même nom de ma région d’origine. Hasard ou petit clin d’oeil autobiographique de l’auteure ?

Le Mal rôde. Laura mènera son enquête jusqu’aux limites de ses forces.

Tout finira par s’éclairer aux yeux du lecteur mais au terme d’une intrigue haletante et pleine de rebondissements, d’un suspense psychologique mettant en relief les turpitudes et les noirceurs de l’âme humaine .

Le roman se termine par un ultime message que le juge Larivière adresse à Rose, la veuve d’Aurélien Laflèche. Toujours écrit de cette encre mauve aux accents de menace et de mort…

L’encre mauve

Il faut lire ce livre qui témoigne incontestablement de l’habileté de l’auteure dans la  construction de l’intrigue policière sans oublier la précision du travail de documentation qu’ont rendu nécessaire la mise en scène des longues scènes de tribunal ou les descriptions des sentiments parfois troubles et équivoques ressentis par les personnages.

Merci Florence pour ce très beau roman…

Florence Meney est une journaliste et une écrivaine, essayiste et romancière, spécialiste en relations médias.
Elle a été journaliste (chef de pupitre, journaliste) à la Société Radio-Canada, en poste successivement à Sudbury (Ontario), Toronto (Ontario) et Montréal (Québec), pendant 23 ans. Elle est actuellement responsable des Relations médias au CIUSSS de L’Est de Montréal après avoir oeuvré à l’Institut Douglas, et après avoir été ajointe à la Direction de l’information au Journal de Montréal. Elle a publié trois essais, trois romans (thrillers) et a participé à deux recueils de nouvelles de fiction.

Essais

2008 « Montréal à l’encre de tes lieux« , photographies de Luc Lavigne
2010 « Se réinventer. Visages de la vitalité humaine »
2013 « À l’autre bout de la laisse. Une méthode pour prévenir plutôt que guérir dans la relation homme-chien« 

Romans

2012 « Répliques mortelles »
2013 « Rivages hostiles »
2015 « L’Encre mauve« 

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