Le legs d’Adam d’Astrid Rosenfeld

Edité en 2014. Allemagne.

Astrid Rosenfeld
Astrid Rosenfeld

Adams Erbe

2004. Le jeune Edward Cohen vit jusque-là tranquillement au sein d’une famille juive berlinoise, entre sa mère Magda et sa grand-mère Lara. Seule vient troubler cette existence sans vague la vie secrète de son grand-père Moses qui vit reclus au grenier depuis des années et qui n’en sort que très rarement en faisant de brèves apparitions qui l’interpellent. Chaque fois que le jeune garçon veut s’aventurer dans l’antre du vieillard, ils est repris à l’ordre par sa grand-mère qui se dresse devant lui comme la gardienne du passé. Ca n’est qu’à la mort de ses grand-parents qu’il peut enfin accéder au secret de famille. Un paquet qui renferme un livre. L’histoire d’Anna et d’Adam, le frère de Moses disparu à la fin de la guerre dans le vacarme de Varsovie. Ce livre, c’est le legs d’Adam, l’héritage qu’il a tenu à transmettre au delà du temps pour raconter cet amour impossible qu’il avait approché à Berlin juste avant le début du conflit mondial.

Berlin. 1938. Adam Cohen est juif. Un seul regard sur Anna suffit pour qu’il tombe aussitôt éperdument amoureux de la jeune Juive. Mais la jeune fille disparaît, emportée vers la Pologne dans sa fuite loin du nazisme qui prend de l’ampleur en Allemagne. C’est sans compter que la folie antisémite et la guerre vont la rattraper au coeur du ghetto juif de Varsovie. Et Adam, aidé par l’ambigu Bussler, un ancien combattant mutilé de la Première Guerre mondiale à qui il ne reste qu’un doigt, amoureux de sa grand-mère Edda et devenu SS, va rejoindre la Pologne sous un faux nom. Le Juif Adam Cohen va devenir Anton Richter et être embauché comme rosiériste par Giesel, un haut-dignitaire du parti nazi. Jouant un double jeu dangereux au cours duquel il feint d’être ami avec Bubi, le neveu arrogant et ambitieux de Giesel qui ne rêve que de monter les échelons au sein du parti nazi, Adam est finalement contraint de s’enfuir. La guerre va lui-aussi le rattraper alors qu’il n’ a de cesse de retrouver Anna. Approché par des résistants juifs polonais qui ont deviné qui il était vraiment, il devra se résoudre à être enfermé dans le ghetto de Varsovie pour qu’Anna en soit libérée et ait la vie sauve. Et Anton redevient Adam. Par amour pour la jeune fille, il accepte ce terrible marché, sachant qu’il n’en ressortira sûrement pas vivant. Il réussira néanmoins à acheter quelques semaines de sursis à ses geôliers pour trouver le temps de rédiger l’histoire de sa vie et de cet amour impossible, ce livre qui finira par arriver dans les mains de son petit-neveu Edward près de soixante-dix ans plus tard.

Le legs d’Adam

Il s’agit ici d’un magnifique premier roman que cette auteure allemande nous livre, une réflexion profonde sur la nécessité vitale de savoir d’où l’on vient et un regard implacable et terrifiant sur  la responsabilité de l’Allemagne dans la Shoah. L’intrigue, construite en deux temps, emmène Edward sur les traces de ses racines et de ce secret jalousement gardé par toute sa famille. Ce n’est que lorsqu’ils seront tous morts qu’il pourra enfin connaître la vérité, le destin de ce jeune homme qu’il aurait pu être lui-aussi et que finalement il est. Il est d’ailleurs troublant de constater à quel point Edward ressemble à Adam. La fin de ce roman nous réserve un rebondissement de plus…

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