La perle de John Steinbeck

Edité en 1947. USA.

John Steinbeck
John Steinbeck

The pearl

Kino est pêcheur de perles et vit modestement avec sa femme Juana et leur jeune fils unique Coyotito. Un beau jour, sa vie bascule lorsqu’il découvre une perle énorme à l’occasion de l’une de ses plongées. Et la nouvelle se propage dans le port tel un feu de paille. L’existence de ce pauvre couple va alors devenir un enfer. Entre un médecin véreux qui n’a de cesse de leur faire payer chèrement les soins qu’il a donnés à leur fils piqué par un scorpion et des marchands de perles qui se déchainent pour extorquer à Kino sa perle au prix le plus bas en lui jurant qu’elle n’est pas si précieuse que ça, tous n’ont plus qu’une obsession, arracher la précieuse perle à Kino. Mais Kino résiste et est bien décidé à ne pas se débarrasser aussi vite de son précieux butin faisant fi des injonctions de Juana qui l’exhorte à remettre la perle à la mer ou à la détruire.  Malgré l’aide de leurs proches, la famille doit alors fuir. Ayant échappé de peu à la mort, Kino se transforme peu à peu en un monstre violent et sanguinaire condamné à se débarrasser de ses poursuivants pour protéger sa famille et sa perle. L’intrigue se fait pesante. Tout en souhaitant une issue heureuse à Kino et sa famille, on craint pourtant la survenue d’une fin terrifiante…

Dans ce court roman qui a des airs de parabole, Steinbeck nous dépeint une humanité impitoyable, aveuglée par la convoitise et l’avidité, animée par l’appât du gain. Où l’on voit que même le pêcheur le plus pacifique peut en être réduit aux pires extrémités pour protéger un bien dont il avait su si bien se passer jusque là. Cette fable en serait presque drôle si elle n’était aussi tragique…

La perle

L’épilogue de cette histoire est d’une gravité absolue. La perle, d’abord merveilleuse et parfaite bille de nacre, se transforme peu à peu en un objet de malheur qui fait s’abattre la malédiction sur tous ceux qui l’approchent…

Le grand John Steinbeck, prix Nobel de littérature en 1962, se révèle encore ici le peintre fin et pertinent de la misère humaine et de sa noirceur…

John Ernest Steinbeck, Jr. (27 février 1902 à Salinas – 20 décembre 1968 à New York) est un écrivain américain du milieu du xxe siècle, dont les romans décrivent fréquemment sa Californie natale.

John Steinbeck
John Steinbeck

Il naît en Californie, à Salinas. John Steinbeck Senior, son père, est trésorier, et sa mère, Olive Steinbeck, est enseignante. Il a trois sœurs : Elizabeth (1894-1992), Esther (1892-1986) et Mary (1905-1965). Son grand-père paternel était allemand. Après le lycée à Salinas, il étudie à Stanford, mais abandonne ses études, et en 1925 il part à New York, où il occupe divers emplois (reporter, apprenti peintre, maçon, ouvrier et chimiste). Il y travaille brièvement au New York American, mais rentre à Salinas dès 1926.

Il publie en 1929 un premier roman, La Coupe d’or (Cup of Gold : A Life of Sir Henry Morgan, Buccaneer, With Occasional Reference to History), une fiction historique basée sur la vie de Henry Morgan, qui ne rencontre pas le succès. En 1930, il épouse Carol Henning et déménage à Pacific Grove. Il y rencontre Edward Ricketts, un biologiste avec qui il se lie d’amitié.

En 1932, il publie Les Pâturages du ciel (The Pastures of Heaven), un recueil de nouvelles se situant dans la ville de Monterey. En 1933, il publie Le Poney rouge (The Red Pony) et Au dieu inconnu (To a God Unknown). Il reste ensuite au chevet de sa mère qui meurt en 1934. Il commence à recueillir des informations sur les syndicats fermiers.

Tortilla Flat, écrit en 1935, lui vaut son premier prix littéraire, la médaille d’or du meilleur roman écrit par un Californien décernée par le Commonwealth Club of California. Cette histoire humoristique lui assure le succès. Il devient ami avec son éditeur, Pascal Covici.

Avec Des souris et des hommes (Of Mice and Men) et En un combat douteux (In Dubious Battle), publiés en 1936, ses œuvres deviennent plus sérieuses. Dans une lettre à un ami, il se désole : “Il y a des émeutes dans Salinas et des meurtres dans les rues de cette chère petite ville où je suis né.“ Il reçoit le New York Drama Critics Award pour sa pièce.

Après La Grande Vallée (The Long Valley) en 1937 et Les Bohémiens des vendanges (série de sept articles écrits en 1936 pour le San Francisco News intitulés (The Harvest Gypsies) et publié, sous forme de pamphlet, avec pour nouveau titre Their Blood Is Strongh, un reportage sur les travailleurs immigrants, en 1938, il publie Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath) en 1939, qu’il considère comme sa meilleure œuvre. Néanmoins, estimant que son écrit est trop révolutionnaire pour connaître le succès, il conseille à son éditeur un petit tirage… Le livre connaît le succès. On lui reproche néanmoins le langage utilisé et les idées développées. Le livre est interdit dans plusieurs villes de Californie. En 1940, lorsque le roman est adapté au cinéma, il reçoit le prix Pulitzer.

En 1941, il lance une expédition marine avec Ricketts, publie Dans la mer de Cortez (Sea of Cortez), écrit en collaboration avec son ami. Puis Steinbeck publie Lune noire (The Moon Is Down), traduit aussi sous le titre Nuits noires, en 1942. Cette même année, il divorce et épouse Gwyndolyn Conger en 1943. Lifeboat, dont il a écrit le script, sort au cinéma en 1944. La même année, il déménage à Monterey, mais y est mal accueilli par les habitants. Il déménage à New York. Il a un premier fils, Thom .

Après avoir écrit Rue de la sardine (Cannery Row) en 1945, il déménage à Pacific Grove en 1948. Il commence ses recherches pour l’écriture de À l’est d’Éden (East of Eden). En 1946, son second fils, John IV, vient au monde. Il essaye d’acheter le ranch où se déroulent les aventures du Poney rouge, mais il échoue. Les personnages de Rue de la sardine se retrouvent dans un autre roman, Tendre jeudi (Sweet Thursday).

En 1947, il publie La Perle (The Pearl) et part en URSS, accompagné du photographe Robert Capa, pour le New York Herald Tribune. Il en tire Journal russe (Russian Journal) en 1948. Ricketts meurt dans un accident de voiture. Il divorce.

Il rencontre Elaine Anderson Scott en 1949 et l’épouse en 1950. En 1952, il participe au film de Elia Kazan, Viva Zapata! et publie À l’est d’Éden.

Il publie en 1954 Tendre jeudi (Sweet Thursday). Une comédie musicale, Pipe Dream, en est tirée en 1955. Il déménage à Sag Harbor, dans l’État de New York. En 1957, la ville de Salinas propose de donner son nom à un lycée. Il refuse.

En 1958 est publié Il était une fois une guerre (Once There Was a War), recueil de ses reportages durant la Seconde Guerre mondiale. Il a une attaque en 1959, ce qui l’encourage à voyager en Angleterre et au Pays de Galles, puis à parcourir l’Amérique en 1960.

En 1961, il publie L’Hiver de notre mécontentement (The Winter of Our Discontent) son dernier roman, traduit aussi sous le titre Une saison amère, en espérant “revenir en arrière de presque quinze ans et recommencer à l’intersection où il avait mal tourné“. Il est alors déprimé, et estime que la célébrité l’a détourné “des vraies choses“.

Les premières critiques sur le livre sont mitigées, mais il reçoit néanmoins le Prix Nobel de littérature en 1962. Après un autre voyage en Europe en 1963 avec Edward Albee, il reçoit la médaille de la Liberté des États-Unis en 1964.

En 1966 est publié son ultime livre, Un artiste engagé (America and Americans ), un recueil de reportages, de chroniques et d’essais politiques. Il meurt le 20 décembre 1968 à New York d’artériosclérose.

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