Pierre Maire chronique Morrison’s Jig – Radio RCF Jura – 6 mars 2013

“Au fil des pages“ – La chronique littéraire de Pierre Maire – Radio RCF Jura – 6 mars 2013

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Un polar qui sort des sentiers battus. Un sujet original dans un style limpide. Lisez “Morrison’s Jig“, un roman d’un auteur dolois d’adoption. L’action se déroule au large des Sept-Îles. Elle met en scène quatre jeunes étudiants irlandais. Ceux-ci entreprennent un périple de Paimpol jusqu’au Nord de la Bretagne et cette croisière va leur réserver bien des surprises. Imaginez un vieux professeur de Physique d’une université irlandaise qui dénigre systématiquement dans ses cours un célèbre physicien, et pas n’importe lequel, le scientifique français du XIXème siècle Augustin Fresnel. Celui-ci est l’auteur de la théorie ondulatoire de la lumière et ses recherches l’ont amené à inventer, dans le domaine de l’Optique Appliquée, la lentille à échelons dite lentille de Fresnel. Cette lentille accroît le pouvoir de l’éclairage des phares maritimes et automobiles. Et bien, dans le roman qui a pour titre “Morrison’s Jig“, l’animosité de ce professeur irlandais est due au fait que Fresnel a usurpé selon lui sa renommée au détriment du savant irlandais Hamilton. Il n’a donc de cesse de rétablir la vérité, sa vérité, auprès de ses élèves et vouloir bien sûr venger Hamilton. Alors cette attitude va avoir des conséquences insoupçonnées. Ce roman a été publié en 2012. L’auteur en est Michel Brignot, un médecin franc-comtois d’adoption puisqu’il exerce à Dole depuis 1988. C’est son troisième ouvrage. Les deux premiers ont pour titre  “Hors du bocal“ et “Une bande rouge dans le vent Deux semaines aux Glénans“. Pour en revenir à ce troisième roman “Morrison’s Jig“, la vindicte de ce professeur irlandais contre le savant français Fresnel avait au départ profondément irrité la direction de l’Université puis, à la longue, elle s’en était accommodée eu égard au passé prestigieux et au grand âge du professeur. Et puis, cette attitude amenait un peu d’originalité et de fantaisie dans l’établissement. Mais, ce que personne ne pouvait soupçonner, c’est l’influence que pouvait avoir cette attitude vengeresse du professeur sur certains de ses élèves. Alors nous sommes, dans le roman donc, dans l’été 1976, été de la canicule. L’action principale se passe en mer le long de la côte bretonne. Quatre jeunes irlandais, trois garçons et une fille, celle-ci fiancée à l’un d’eux, sont partis de Paimpol sur un voilier qui a été loué. Ils sont tous les quatre étudiants à l’Université d’Irlande, au Trinity College, dans la classe d’Optique du fameux professeur Irvine. Alors le bateau fend paisiblement les vagues, une brise timide, écrit l’auteur, gonflait sagement les voiles de Ferlas, c’est le nom du voilier. Atmosphère calme mais lourde à cause de la chaleur bien sûr. L’air est suffocant et difficile à respirer. Bref, on entre dans ce roman tranquillement comme sur une mer calme, une petite croisière paisible entre copains le long des côtes bretonnes. Un petit périple de Paimpol jusqu’au nord  de la Bretagne dans la région des Abers. C’est l’occasion de découvrir le phare des Triagoz équipé de lentilles Fresnel qui éclaire la nuit tout ce secteur et évite aux bateaux de s’échouer. Bien sûr, comme vous vous en doutez, on ne va pas en rester là. Même si la balade est agréable, également pour le lecteur, le drame va pointer son nez. Alors, on bascule dans le polar. L’ouvrage est très agréable à lire car le style est limpide. Les éléments indispensables pour entrer dans le récit et en suivre le déroulement se mettent en place naturellement dans le sillage du voilier. Avec des retours en arrière pour présenter les protagonistes et les liens divers qui les unissent. Comme le précise l’auteur, il ne s’agit pas d’un roman ou d’un polar historique. Fresnel est mort alors qu’Hamilton n’avait que 22 ans. Et le titre, pourquoi “Morrison’s Jig“ ? C’est tout simplement le titre d’un air traditionnel irlandais, la jeune fille étant férue de danse irlandaise. Tout cela vous est expliqué dans des notes qui sont le bienvenues en fin d’ouvrage. Son titre je le rappelle, “Morrison’s Jig“ de Michel Brignot aux Editions du Chemin Blanc. Et à travers ses œuvres, on sent bien là un passionné de la mer et de la voile.“

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