Sur l’eau de Hans Maarten van den Brink

Edité en 1998. Pays-Bas.

Hans Marten van den Brink
Hans Maarten van den Brink

Over het water

La Seconde Guerre Mondiale est passée par là. Anton se souvient de son camarade David avec lequel il s’entraînait quelques années plus tôt à Amsterdam en pratiquant avec lui l’aviron sur l’Amstel sous la houlette de leur entraîneur allemand, Herr Doktor Alfred Schneiderhahn.

Ce roman raconte l’histoire d’une amitié entre deux jeunes garçons qui partage une passion commune pour l’aviron. On y vit les longues heures d’entraînement auxquelles les deux jeunes gens s’astreignent avec l’objectif de participer à une régate olympique. Tout est finement décrit dans cette histoire où plane surtout un parfum de nostalgie. Le regret pour les deux garçons de ne pas être allés aussi haut qu’ils l’auraient voulu et puis quelques années plus tard, l’absence de David dont Anton n’arrive pas à guérir alors que les avions de guerre volent vers le front de l’Est pour venir enfin à bout du nazisme et de ses fanatiques.

Même si tout n’est pas dit ou écrit de façon explicite dans ce roman, la disparition tragique de David est habilement suggérée par l’auteur qui cite une seule fois le port d’une étoile à six branches par un des personnages de l’histoire.

La tornade antisémite a emporté David comme des millions de ses coreligionnaires, laissant seul Anton avec ses rêves brisés et ses espoirs de victoires et de médailles.

Le garçon se retrouve orphelin, assis sur le ponton flottant au milieu de la rivière, en présence du spectre de David qui rôde encore sur le bassin.

Ce livre est surtout une ode à l’amitié entre deux garçons de confessions différentes mais les descriptions des sorties en bateau sur la rivière, les souvenirs de régates, la mémoire des muscles endoloris et du stress au ventre, le bonheur de la victoire ne laisseront pas indifférents les pratiquants d’aviron.

Il peut être intéressant d’établir un parallèle entre ce livre qui traite indirectement de l’antisémitisme pendant la Seconde Guerre Mondiale et de ses conséquences sur la vie quotidienne de jeunes gens  qui pratiquent l’aviron et de celui de Daniel James Brown “Ils étaient un seul homme“ qui nous apporte un éclairage sur l’idéologie nazie et sa conception du sport de haut niveau à travers le récit de la participation de l’équipe américaine d’aviron aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Brown et van den Brink parlent bien du même sport, mais mis en scène dans des circonstances quelque peu différentes pratiquement à la même époque, pendant l’émergence du nazisme et avant la guerre pour le premier et pendant les années noires de l’occupation de l’Europe par les Allemands pendant le conflit pour le second.

Hans Maarten van den Brink, né en 1956, est journaliste. C’est avec Sur l’eau (1998), roman sur l’amitié et le bonheur, qu’il rencontre le succès international (roman traduit en anglais, italien, allemand). Dans Cœur de verre (1999) il met en scène, à travers le personnage d’un urbaniste, l’obsession de la réussite et du plaisir qui caractérise nos sociétés.

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