Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik

Edité en 2013. France.

Laurent Seksik

Prix du Meilleur Roman Français 2013.

Superbe roman que ce livre de Laurent Seksik qui nous présente le fils cadet d’Albert Einstein, Eduard, atteint d’une grave psychose, une schizophrénie, avec dédoublement de la personnalité. L’intrigue se passe d’abord en Allemagne avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Albert et sa famille sont contraints à l’exil pour fuir le régime nazi antisémite. Mails ils partiront aux Etats-Unis en laissant derrière eux Eduard, interné à l’asile, en Suisse, au Burghölzli, après une grave crise de violence. Eduard a 20 ans en 1930 quand sa mère Mileva le conduit à l’asile. Albert ne reverra jamais son fils.

Laurent Seksik, dans une écriture précise et troublante, se met véritablement dans la peau d’Eduard et parle à sa place, prenant alternativement la parole en tant que lui-même ou en tant que son double féminin qui habite l’esprit malade d’Eduard. Les déclarations du schizophrène sont confondantes de réalisme à en faire frémir le lecteur.

Le chapitre, dans lequel Eduard parle de la mort et de l’enterrement de sa mère avec une froideur et un détachement qui témoignent de la gravité de son état mental, est à mon avis le plus abouti de ce livre. Eduard se contente d’analyser les circonstances de cet évènement dans un souci de détails d’une déconcertante banalité, pour preuve cette réflexion qu’il fait : “A l’enterrement de maman, il y avait peu de monde. Au milieu de l’été, les gens partent en vacances. C’est la mauvaise saison pour mourir d’une belle mort avec un enterrement à la hauteur.“ Laurent Seksik possède ici une profonde et intime connaissance de la vie de son personnage dont il a emprunté les traits et les pensées.

C’est un récit bouleversant sur la triste existence de ce fils abandonné par son génie de père. Albert, désemparé par l’impasse de cette relation avec son fils, déclarait : “Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution“.

Eduard était-il bien conscient de sa pauvre situation ou sa maladie le protégeait-elle, l’interdisant de se lamenter sur un sort bien peu enviable.

Le cas Eduard Einstein

Le destin effroyable d’un orphelin enfermé à vie dans un asile suisse dont il n’est sorti que le jour de sa mort…

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