Bienvenue au club de Jonathan Coe

Edité en 2001. Angleterre.

Jonathan Coe
Jonathan Coe

The Rotter’s Club

Dans ce roman, premier volet du diptyque se poursuivant par Le Cercle fermé, l’auteur nous retrace la vie de Benjamin, Philip, Doug entre autres, jeunes lycéens de Birmingham dans les annnées soixante-dix, lors de la montée du thatchérisme dans une Grande-Bretagne en profonde mutation. Il nous les décrit complices mais parfois farouches adversaires, aux prises avec leurs premières expériences sexuelles, confrontés à la société anglaise en totale transformation, souvent en conflit avec des parents eux-mêmes balottés et tiraillés entre tous leurs problèmes conjugaux, sociaux et moraux. Et puis, il est pour eux absolument primordial de pouvoir intégrer le club du lycée, étape indispensable et tremplin idéal vers l’université qui se profile à l’horizon. C’est très finement écrit avec un humour frôlant en permanence au moins le deuxième degré. Tout n’est pourtant pas si drôle lorsque l’auteur nous raconte la mort de Malcolm, pulvérisé par l’explosion d’une bombe de l’IRA dans un pub, laissant sa petite amie Loïs, la jeune fille de la famille Trotter, totalement traumatisée, ou lorsqu’il nous parle de la répression policière violente des manifestations sociales. Jonathan Coe s’y moque allégrement de ses compatriotes dans une ironie dans laquelle il manie le paradoxe d’être à la fois très anglais tout en étant redoutablement anglophobe. II nous gratifie même de quelques piques d’une grivoiserie outre-manche sans égale, le dépucelage d’un Benjamin alcoolisé dans une armoire étant un modèle d’humour ravageur et déjanté… L’auteur termine ce roman en se livrant à une petite fantaisie littéraire : un chapître de 48 pages intitulé “sous-bock vert“ (un titre à la Philippe Delerm) qui n’est en fait qu’une seule phrase et un monologue sans fin dont on espère le point final tout en le souhaitant le plus tard possible.

Bienvenue au club

Je ferme ce roman en n’ayant que l’envie de lire sa suite au plus vite…

Jonathan Coe, né le 19 août 1961 à Birmingham, est un écrivain britannique.

Il a étudié à la King Edward’s School à Birmingham et au Trinity College de Cambridge avant d’enseigner à l’Université de Warwick.

Il s’intéresse à la fois à la musique et à la littérature, car il fait partie du groupe de musique The Peer Group, puis des Wanda and the Willy Warmers, un orchestre de cabaret féministe pour lequel il écrit des chansons et joue du piano.

Il doit sa notoriété à son troisième roman, Testament à l’anglaise. Cette virulente satire de la société britannique des années du thatchérisme a connu un important succès auprès du public et a obtenu le prix du Meilleur livre étranger en 1996.

Jonathan Coe a également reçu le prix du Meilleur roman de la Writer’s Guild of Great Britain en 1997 et le prix Médicis étranger en 1998 pour La Maison du sommeil.

En 2001 et 2004, le diptyque Bienvenue au Club (The Rotters’ Club), suivi par Le Cercle fermé (The Closed Circle), traite des aventures d’un même groupe de personnes pendant leur dernière année de lycée dans le premier roman, puis vingt ans plus tard dans le second. Ces deux romans servent l’auteur dans sa fresque du Royaume-Uni des années 1970 et 1990, pour mieux observer les mutations profondes subies par la société entre ces deux dates, en raison des réformes thatchéristes et blairistes.

Il a été l’un des membres du jury de la Mostra de Venise 1999.

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